Verbatim
18/10/2026
« Nous savions, au plus profond de nous, que ces lectures, même les plus décevantes, ne se limitaient pas à une passion figée de collectionneur : elles formaient un goût, un tamis qui filtrait notre vision du monde, et, par là même, modifiaient concrètement le cours de nos vies. »
« Adolescents et même jeunes adultes, nous avancions dans le noir, à tâtons. A chaque nouveau livre, nous espérions une révélation et cette attente ne nous a jamais quittés. Un libraire pouvait nous mettre sur la voie, parfois il suffisait d’un disque ou de l’interview d’un musicien. »
« Il faut lire tous les ouvrages, absolument tous, comme s’ils étaient nos contemporains, se dire que Pascal, Molière ou Kafka ont pris le RER le matin même. Ne rien replacer dans le contexte, ne pas s’appuyer sur l’érudition, toujours fuir le commentaire. C’est la seule façon de juger honnêtement un livre. »
« S’il existait de grands romanciers, alors il fallait, face à eux, de grands lecteurs. Ce rôle ne s’improvisait pas, il nécessitait concentration, passion et même une forme de dévouement, je n’exagère pas. »
« En redécouvrant mes passages soulignés, je me demandais souvent pourquoi j’avais retenu ces lignes, je mesurais l’évolution de mon goût, de mon caractère, tout en retenant de nouveaux extraits. Relire ne signifie pas seulement lire une deuxième fois. »
Jean-Pierre Montal La Peau neuve
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