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17/09/2026

Mikael Bergstrand : Dans la brume du Darjeeling

Mikael Bergstrand,     Mikael Bergstrand est né à Malmö en Suède. Journaliste et écrivain, il a longtemps travaillé pour le quotidien Sydsvenskan. Entre 2007 et 2011, il a vécu à New Delhi, où il était en poste en tant que journaliste et depuis 2011, il vit en Suède. Après Les Plus belles mains de Delhi (2014), Dans la brume du Darjeeling (2018) en est la suite sans que le lecteur n’ayant pas lu le premier volet comme moi, n’en soit pénalisé.

Göran Borg, divorcé, une cinquantaine d’années, est en pleine déprime, il n’a pas trouvé l’amour et son travail de rédacteur publicitaire l’ennuie. Neuf mois après un voyage en Inde qui aurait dû le transformer, il est retombé dans ses mauvaises habitudes mais heureusement, le mariage imminent de son ami indien Yogi lui offre l’occasion de changer d’air et il décide de retourner à Delhi. Le voyage d’agrément va se transformer en une véritable odyssée faite d’aventures rocambolesques : Yogi, pour financer son mariage avec Lakshmi, a acheté une plantation de thé située dans le Darjeeling qui va vite s’avérer être une escroquerie risquant de le ruiner !

Un roman sans prétention, et c’est son plus bel atout, qui en fait une lecture très agréable, pleine de peps et toujours souriante.

Tout est plaisant dans ce bouquin. Les personnages, Göran mou du caractère et facile à convaincre, Yogi le petit gros à l’incroyable langage fleuri et aux comparaisons les plus étonnantes, grand amateur de momos (raviolis cuits à la vapeur ou bouillis, farcis de viande ou de légumes), Mrs Thakur mère veuve de Yogi, maîtresse femme qui voit d’un mauvais œil le mariage de son fils avec une Tamoul, Lakshmi la future épouse, elle aussi ne manque pas de caractère et ne s’en laisse pas compter.

Yogi et Göran vont donc partir pour le Darjeeling où les contretemps et les évènements imprévus vont se multiplier, puis à la poursuite de l’escroc (qui est passé par ici, puis repassera par-là) au grand dam du Suédois alors que l’Indien aura toujours une vision optimiste de la situation, même quand elle semble improbable (« Pour reprendre les mots de Yogi, chaque chose en son temps. Je trouverai bien une solution. »)

Dépaysement exotique et voyage, le roman plonge le lecteur dans l’Inde, avec ses paysages, ses couleurs, ses odeurs (curry, thé, bidis) et sa culture. L’amitié entre les deux hommes est au cœur du récit, malgré les épreuves. Un roman qui se lit très rapidement, fait de chapitres très courts, le rythme est enlevé et surtout le ton est toujours amusant, comme ces vaudevilles où quand arrive un tracas on sait bien qu’il va se dénouer à la fin.

Un très agréable moment de lecture.

 

« Mais ce qui occupait le plus l’esprit de mon ami en ce moment, c’était l’alliance secrète et complexe formée avec son futur beau-père, qui voyait en lui le fils qu’il n’avait jamais eu. Aux yeux de Mr Krishnamurti, Yogi était devenu, grâce à un projet commun sur lequel il misait tout, l’homme qui allait pouvoir renflouer ses caisses après les déconvenues financières de ces derniers mois. Ce contrat censé sauver le mariage de sa fille devait lui permettre d’organiser la cérémonie la plus grandiose que l’on puisse imaginer, d’en mettre plein la vue à tout le Tamil Nadu et d’assurer l’avenir du vieillissant Mr Krishnamurti ainsi que celui de la grande sœur de Lakshmi qui n’était pas encore mariée. »

 

Mikael Bergstrand,     Mikael Bergstrand    Dans la brume du Darjeeling   Babel  - 479 pages - 

Traduit du suédois par Emmanuel Curtil

 

 

 

« Je crois que je n’ai jamais rien entendu d’aussi beau. Mais qu’est-ce que c’est ? – C’est un groupe de qawwali, répondit Yogi. On peut les entendre tous les jeudis soirs à la Dargah de Nizamuddin. C’est un lieu sacré pour les soufis. »