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16/02/2026

Daniel Kraus : Whalefall

Daniel Kraus, Daniel Kraus, né en 1975 dans le Michigan, est un romancier et scénariste américain à succès connu pour ses collaborations avec les réalisateurs George A. Romero (The Living Dead) et Guillermo del Toro (La Forme de l’eau, Chasseurs de Trolls). Whalefall, qui vient de paraître, a figuré sur la liste des best-sellers du New York Times et sera bientôt adapté au cinéma.

Monterey, Californie. Jay Gardiner, un adolescent de 17 ans, a toujours été en conflit avec son père Mitt, un plongeur légendaire mais aussi un homme tyrannique qui s'est suicidé par noyade dans les profondeurs de l'océan Pacifique. Pour se libérer de la culpabilité qui le ronge, Jay décide d'effectuer une plongée solitaire pour retrouver le corps de son père. Comme il approche du canyon de Monterey (qui commence au milieu de la baie de Monterey et s'étend sur 150 km sous l'océan Pacifique, sa profondeur atteignant par endroits 3 600 m), surgit des abysses un cachalot chassant un calmar géant d’une dizaine de mètres (Architeuthis), le monstre avale la bête tentaculaire qui elle-même entraine Jay à sa suite dans les entrailles du cachalot.

J’en vois déjà qui lèvent les yeux au ciel en grommelant cétacé ces âneries. Vous avez tort, c’est un bon bouquin, scientifiquement documenté et carrément flippant !

Le gamin se retrouve dans l’estomac du cétacé à dents, comme dans le tambour d’une machine à laver, cloaque répugnant, en compagnie du calmar toujours vivant se débattant pour sa survie, avec des méduses dont certaines sont très dangereuses, des poissons, des restes putréfiés d’animaux marins, d’objets non comestibles mais avalés par le monstre, baignant dans les acides de l’organe, organe qui se contracte, cœur de l’animal qui bat comme un tambour… La bataille est farouche pour échapper aux ennemis potentiels qui lui tiennent compagnie et sa bouteille d’oxygène ne lui laisse plus qu’une heure à vivre !

Jonas et la baleine en version plus hard, sachant que d’autres évènements vont venir rendre extraordinaire cette hallucinante odyssée quand une bande d’orques va attaquer le vieux cachalot, un sacré chambard dans les boyaux du poisson géant et de ses habitants. Comment Jay pourrait-il se sortir de ce sacré pétrin ? Bonne question, à laquelle je ne répondrai pas, évidemment.

A ces évènements physiques dramatiques s’ajoutent les affres psychologiques du jeune homme qui nous sont relatés par des flashbacks. Jay et son père ne se sont jamais entendus, le premier certainement déçu par l’homme que son fils ne représentait pas à ses yeux (« Jay était censé être un héros de la même trempe que Mitt »), le gosse fuguera, ne restant en contact discret qu’avec sa mère, sans faire le moindre geste de réconciliation quand il apprendra le cancer de son père, puis son suicide. Néanmoins, six mois plus tard, le voici embarqué à la recherche du corps de celui qu’il haïssait.

Dans le corps du cachalot, à mesure que l’oxygène diminue et que ses idées deviennent confuses, Jay entend des voix, celle de son père qui au-delà de la mort va rappeler à son fils tout ce qu’il lui a appris sur les baleines, cachalots et autres bestioles marines, tout ce qu’il devait connaitre des pièges de la plongée sous-marine, toutes ces bribes de connaissances vont permettre à Jay de surmonter des obstacles.

Le père détesté qui ne faisait qu’un avec les cétacés, leur consacrant toute sa vie, aujourd’hui mort, va-t-il être celui qui dans une magistrale dernière leçon de vie, être le sauveur du fils ?  

Un véritable thriller claustrophobe pour illustrer la difficulté de se construire face à une figure paternelle à la fois admirée et redoutée. Avec une touche écologique à travers la description minutieuse du monde sous-marin et de la faune marine.

 

« Le manteau du calmar est réduit de moitié. Tour de passe-passe des profondeurs : il va bientôt disparaître. Les dix appendices sont aspirés au fond de la gueule du cachalot. Architeuthis est en train d’être avalé. Et Architeuthis agrippe Jay. Jay crie à travers le détendeur, lâche un rideau de bulles qui se dispersent en même temps que son sang-froid, abandonne la tâche d’ouvrir le doigt du mousqueton et essaie d’arracher cette saloperie directement de la base. La masse pâle des bras du calmar disparait de son champ de vision périphérique. Non, non, non. Jay tire maintenant sur la sacoche, avec l’intention d’en déchirer les mailles. Le gros tentacule entortillé s’allonge et se tend. Non, non, non, non, non. « 

 

Daniel Kraus, Daniel Kraus   Whalefall   Rivages/Noir  - 381 pages -  

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jonathan Baillehache 

 

 

 

 

06:00 Publié dans THRILLERS | Tags : daniel kraus | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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