Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/01/2026

Gabriel Tallent : La Voie

Gabriel Tallent, Gabriel Tallent est né en 1987 au Nouveau-Mexique et a grandi en Californie. Il vit aujourd’hui avec sa femme à Salt Lake City. Il avait mis huit ans pour écrire My Absolute Darling son magnifique premier roman et huit ans plus tard, vient de paraître La Voie. Deux romans complètement différents et je le précise car si le premier a pu vous déplaire, ce nouvel opus ne pourra que vous plaire, La Voie n’étant pas un bon livre mais un très beau roman.

Dan et Tamma sont deux adolescents passionnés d’escalade qui vivent dans le désert de Mojave, situé dans le Sud de la Californie essentiellement. Leur amitié est solide bien qu’ils soient d’un milieu social différent et alors qu’ils entament leur dernière année de lycée, ils vont devoir affronter des choix cruciaux quant à leur avenir, choisir entre la passion et la raison…

Tamma, « la fille la plus arrogante qu’on ait jamais vue » n’a qu’une seule ambition chevillée au corps « je veux être la meilleure grimpeuse de trad [l'escalade "traditionnelle", pratiquée uniquement avec des protections amovibles pour s'assurer] qui ait jamais foulé cette terre. » Rebelle, grande gueule, elle est portée par son idéal d’aventure. Elle vit avec sa mère et ses frères et sœurs dans un mobile home rose, perché sur des parpaings, une mère serveuse avec un copain dealer… Dan, c’est le profil social opposé, avec ses parent ils habitent une maison confortable et si sa mère est désormais dépressive, elle a été une écrivaine à succès et ne rêve que de voir son fils faire de brillantes études et s’assurer une situation stable. Dan bosse sérieusement en classe mais il est partagé, chez lui la raison est en conflit permanent avec la passion, partager la vie d’escalade de Tamma ou avoir un bon job qui plus tard lui permettra de subvenir aux besoins de ses parents si nécessaire.

A ce point de mon compte-rendu je dois préciser que les liens entre les deux adolescents ne sont pas sexuels du tout, Tamma se revendiquant lesbienne, ce qui renforce certainement encore plus l’intensité de leur amitié. Cette amitié est au cœur du récit, leur offrant un soutien mutuel et une échappatoire aux difficultés de la vie, car tous deux doivent faire avec leur famille, ce qui nous vaut de très belles pages souvent émouvantes.

Le récit est étoffé par les liens entre les membres des deux familles, difficiles pour ne pas dire conflictuels chez Tamma, touchants chez Dan. Sans entrer dans les détails que vous découvrirez vous-mêmes, quand la sœur ainée de Tamma débordée par sa marmaille et son bébé gravement blessé demandera de l’aide à Tamma, la gamine dévoilera une fibre maternelle inattendue, de son côté Dan va devoir affronter un épisode de santé dramatique pour sa mère avec un père un peu largué… Œil humide, snif !

Gabriel Tallent utilise l’escalade comme un symbole de défi et d’adrénaline, illustrant la nécessité de tout risquer pour changer sa vie et réaliser ses rêves, c’est-à-dire la recherche d’identité et la volonté de vivre selon ses propres valeurs, malgré les pressions sociales.

Je ne connais rien à l’escalade et les longues pages décrivant avec de nombreux détails pointus cette pratique me sont passées largement au-dessus de la tête mais ce n’est pas un frein pour la lecture de ce roman, on peut sauter des lignes sans dommages.

Je vous promets que ce livre est magnifique et je ne peux mieux le résumer que de dire que c’est très beau. La mère de Dan, écrivaine, lui déclare : « J’ai tout donné, j’ai travaillé dur, j’ai instillé dans ce livre autant de beauté et de compassion que possible pour qu’il puisse marquer les esprits. » Une tirade qui colle parfaitement avec l’intention, à mon avis, de Gabriel Tallent quand il a rédigé son bouquin.

 

« Ce qui s’est passé, Danny, c’est que j’ai couru après un rêve et quand je l’ai attrapé, j’ai découvert ce que tout le monde savait sans doute déjà. Que le but et le sens de la vie ne sont pas des choses tangibles ni réelles ; qu’il n’y a pas de secret à découvrir ; rien, au-delà de la réalité sous nos yeux. Les tapis, les tasses de café et les machines à écrire qui meublent notre quotidien, ça c’est la vie. Rien de plus. Et crois-moi, j’ai longuement cherché. »

 

 

Gabriel Tallent, Gabriel Tallent   La Voie   Gallmeister  - 475 pages -   

Traduit de l’américain par Laura Derajinski

 

 

 

 

Écrire un commentaire