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24/08/2026

Norbert Jacques : Le Testament du Dr Mabuse

Norbert Jacques, Norbert Jacques (1880-1954) est un écrivain, journaliste et traducteur luxembourgeois d'expression allemande. Au lendemain de la libération, il est poursuivi pour collaboration avec l'occupant, agitation pronazie, dénonciations et haute trahison. Il est incarcéré à Luxembourg le temps d'instruire le dossier d'accusation mais il est finalement expulsé du pays vers l'Allemagne, sa nouvelle patrie depuis 1922, sans avoir été officiellement mis en accusation. Les relations entre l'écrivain et le nazisme relèvent d'un opportunisme ambigu et d'une posture de conformisme sous le Troisième Reich, bien plus que d'un engagement idéologique de la première heure. S’il a beaucoup écrit de récits de voyages, aujourd'hui, il est principalement connu pour avoir créé le personnage du docteur Mabuse, hypnotiseur et génie du crime se dissimulant sous de multiples identités.

Saluons la riche idée de l’éditeur, rééditer les deux volets du Dr Mabuse en un seul volume. Ce livre contient donc, Dr Mabuse, le joueur (1921) et Le Testament du Dr Mabuse (1931). Ce sont surtout les adaptations cinématographiques faites par Fritz Lang qui rendirent le personnage célèbre, et le fixèrent dans l'imaginaire collectif. J’en étais là de mes connaissances du toubib quand cette édition m’a donné envie d’aller voir à la source.

Le Testament du Dr Mabuse met donc un point final à ce diptyque et on lira avec intérêt la postface en expliquant la genèse car Norbert Jacques n’avait pas du tout prévu/envie d’écrire ce second volet et à mon humble avis il avait raison !

A la fin du premier épisode, le toubib était considéré comme mort, le crâne défoncé et balancé d’un avion dans le lac de Constance. La fiction permet tous les rebondissements et pourquoi se gêner si on y trouve son intérêt ?

Nous sommes désormais à Berlin en 1931, la situation économique et sociale n’est toujours pas brillante, insécurité politique, chômage à son plus haut, « il ne manquait que la mèche qui ferait sauter les matières explosives accumulées, provoquerait le chaos qui offrirait à un grand criminel la série d’opportunités qu’il attendait pour se mettre à l’œuvre. »

Or, le Dr Mabuse n’est pas vraiment mort, en fait il végète dans une clinique psychiatrique, légume incapable de bouger ou de parler, sous le contrôle du professeur Born et de la police qui prend de ses nouvelles de temps en temps. Le Mal est increvable et Mabuse, animé par une volonté inouïe, remplit avec beaucoup de difficultés physiques, d’innombrables feuilles sur lesquelles il décrit de multiples opérations frauduleuses et de gangstérisme. Cet ensemble de feuillets est son testament et qui le possédera et en appliquera les consignes, deviendra un nouveau Mabuse. La rumeur gronde, Mabuse serait de retour pour semer le chaos dans une Allemagne de Weimar en pleine crise socio-économique et morale, au bord du gouffre.

Les deux romans ont comme points communs, d’être datés, d’être bavards gratuitement et de manquer de crédibilité. Si je l’ai accepté pour le premier épisode, ici je dis non, catégoriquement ! Le volet précédent multipliait les rebondissements, ça cavalait dans tous les sens, il y avait un semblant de suspense et c’est avec plaisir que je jouais le lecteur naïf. Ici, il n’y a rien de tout cela, le récit s’étire et l’ennui gagne vite : le pantin est devant nos yeux mais le marionnettiste habile est parti en vacances !

Restons positif, c’est ma devise, au moins j’ai lu ce Dr Mabuse que tout le monde connait de nom ou par les films mais que personne ou presque n’a lu.

 

« - Qu’est-ce qu’il écrit ? demanda Lara. – Son testament ! Il l’écrit depuis trois ans, à intervalles plus ou moins réguliers. Il est resté couché sans bouger pendant cinq ans. Il a commencé d’un seul coup. Vous pouvez encore voir les traces des premières tentatives sur le mur. Il s’est mordu le bout des doigts pour écrire avec son sang. Je les ai laissées comme document. C’était comme si un esprit était ressuscité d’entre les morts. – Et … qu’y a-t-il dans ce … testament ? – Une encyclopédie du crime. »     

 

Norbert Jacques, Norbert Jacques    Le Testament du Dr Mabuse    Wombat  - 390 pages -   

Traduit de l’allemand par Georges Sturm

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