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13/04/2026

S.A. Cosby : Le Sang des innocents

S.A. Cosby, Shawn Andre Cosby (alias S. A. Cosby) né en 1973 en Virginie, est un romancier américain, auteur de romans policiers. Il a grandi en milieu rural et a fait des études à l'Université Christopher Newport. Son troisième roman, Les routes oubliées (2020), est classé parmi les 30 meilleurs romans de l'année par le New York Post et parmi les 100 livres les plus notables de l'année par The New York Times. Le sang des innocents figure en 2023 sur la liste estivale de recommandations de lectures de l'ancien président américain Barack Obama. Marié à Kimberly Redmond Cosby, propriétaire de la maison funéraire J.K. Redmond, S.A. Cosby réside à Gloucester, en Virginie. Il travaille aussi au funérarium, mais moins d'heures maintenant, en raison de son succès. Il fait des travaux utilitaires comme conduire le corbillard.

Charon, une petite ville rurale du sud de la Virginie, « l’endroit le plus contrarié par son passé et le plus terrifié par son avenir » et on se souvient que dans la mythologie grecque, Charon est le passeur des Enfers. Titus Crown en est le shérif, élu contre toute attente car Noir, dans cette communauté marquée par le racisme et les tensions raciales. Sa position déjà clivante va chanceler lorsque Mr Spearman, Blanc et professeur préféré du lycée est assassiné dans l’établissement par Latrell, un jeune Noir immédiatement abattu par deux adjoints du shérif. L’enquête débute pour connaitre les motivations du criminel mais va prendre une tournure inattendue quand l’ordinateur du professeur révèle que c’était un pédophile et un tueur d’adolescents Noirs, Latrell était son complice ainsi qu’un troisième homme…  

Un très bon bouquin qui sur des bases assez sordides, crimes et sévices gratinés sur des adolescents pour en faire un thriller, s’avère surtout un roman psychologique mâtiné d’une réflexion profonde sur le racisme.

Titus est un ancien agent du FBI poussé à la démission pour une raison qu’on ne découvrira qu’à la fin du roman mais qui lui pèse lourdement sur la conscience. Pondéré avec une approche non partisane dans l’exercice de ses fonctions, je voyais très bien Morgan Freeman pour ce rôle dans une adaptation cinématographique.

L’enquête est difficile et dangereuse. Difficile car la population a du mal à croire que le professeur Blanc et aimé de tous soit un criminel selon les dires d’un shérif Noir, les pontes locaux font pression sur Titus pour qu’il boucle le dossier, Latrell l’assassin ayant le « bon profil » et puisque mort désormais, rideau ! Ecœuré par les vidéos conservées par le professeur, Titus poursuit ses investigations ce qui excite le troisième complice, d’autres morts viennent remplir la morgue.

En parallèle, un conflit agite la communauté, une statue fait débat, à la gloire d’un ancien esclavagiste elle est un symbole fort pour les partisans du vieux Sud qui s’opposent à ceux qui voudraient la voir disparaitre, manifestations menées par un pasteur…

Le roman est riche en qualités, le sordide des crimes est compensé par de beaux passages liés à la psychologie et aux liens entre les acteurs sympathiques du récit, Titus, son père, sa copine Darlene, son frère un peu voyou, le souvenir de sa mère décédée, le poids de sa conscience, le tout servi par de bons dialogues. Ajoutons à l’angle racial, Titus vu comme une anomalie à son poste par les Blancs, un traitre par les Noirs, un large volet dédié à la religion, Titus ayant perdu depuis longtemps toute confiance en Dieu…

Résumons : Racisme et tensions raciales dans une Amérique rurale toujours hantée par son passé esclavagiste et ségrégationniste, où le racisme est une réalité quotidienne. La religion est un thème central, parfois utilisée pour justifier la violence ou l’intolérance. Titus Crown doit naviguer dans un système policier et politique corrompu, où la justice est souvent biaisée tout en luttant pour sa rédemption personnelle, dans un contexte où le passé ségrégationniste de la région pèse lourdement sur le présent.

Un très bon bouquin.

 

« - Flannery O’Connor a écrit que le Sud était hanté par le Christ. Oui, il est hanté, mais par l’hypocrisie du christianisme. Toutes ces églises, toutes ces bibles, et pourtant, les pauvres sont ostracisés, les femmes se font traiter de salopes quand elles portent plainte pour viol, et moi, je ne peux pas aller boire un verre à l’Oasis sans me demander si le barman a craché dans mon verre. Les gens prétendent que ce genre de choses n’arrivent pas à Charon mais, Darlene, ce genre de choses est l’essence même des petites villes comme Charon. »

 

 

S.A. Cosby, S.A.  Cosby   Le Sang des innocents   Sonatine  - 397 pages - 

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Szczeciner

 

06:00 Publié dans THRILLERS | Tags : s.a. cosby | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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