29/10/2026
Phœbe Hadjimarkos Clarke : Le Livre des souterrains
Phœbe Hadjimarkos Clarke, franco-américaine née en 1987, est une écrivaine et traductrice, depuis 2020 elle traduit des essais en arts et sciences humaines et sociales. Phoebe Hadjimarkos Clarke a obtenu un master en esthétique à l’Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne en 2014.
Impressionné - comme tous ceux qui l’ont lu - par Aliène, paru l’an dernier, je me suis précipité sur son nouvel ouvrage, Le Livre des souterrains. Hélas, je n’en ai retiré aucun plaisir, n’y voyant globalement que des métaphores relevant de la psychanalyse…
Le roman s'ouvre sur un avant-propos où une historienne de l'art, Gabrielle Camara-Borges, amie de l'artiste Marie Marzouk, présente le journal intime retrouvé dans la chambre d'hôtel de celle-ci, disparue inexplicablement lors d'une performance. Le récit se déroulerait à Lyon (?) durant une canicule, dans une France futuriste marquée par des murs et des politiques migratoires dures. Marie est une artiste plasticienne d’environ cinquante ans en plein climatère et « règles hémorragiques », en perte d’inspiration, et son journal intime est le compte à rebours de ses derniers mois.
Le roman devient gigogne quand lors d'une fête, Marie, kleptomane par jeu, vole des liasses de feuillets énigmatiques qui racontent une histoire nébuleuse, dans une langue étrange, une ville assiégée par un ennemi invisible, où un jeune homme, Hyacinthe, au sexe mal défini, reste seul à s'occuper des jardins et des oies. Or, Hyacinthe pourrait être son ami qui s'est suicidé trente ans plus tôt !
Pour être gentil je dirais que c’est un roman très « spécial ». De ce que j’en ai compris avec beaucoup de difficultés, différents thèmes sont abordés mais sans que la structure globale fasse sens à mon humble avis.
Listons les thèmes, la métamorphose du corps, la femme d’un certain âge qui arrive à la ménopause et la condition des femmes qui en découle, avec des détails sur les règles que j’ai modérément appréciés, ou Hyacinthe dont le sexe est incertain, un point dans l’air du temps. Si cet angle reste assez clair, il est aussi question de la paranoïa liée aux frontières, construction d’un mur qui en fait interdit de voir ce qui se passe derrière, et là nous sommes dans le flou total. Il y a un doigt de modification climatique avec une plante envahissante.
Dans un autre registre, ajoutez de larges rasades de mort, de fantômes, et pour que ce soit mystérieux, pour y voir des métaphores ouvrant les perspectives que vous voudrez y mettre, des couloirs souterrains (métro), des caves, bref, des lieux et des trucs pas nets.
J’en termine, je n’ai rien compris au sens général du roman et ça ne m’a pas du tout intéressé.
PS : touche humoristique, c’est incroyable le nombre de bouquins que j’ai lus et que je n’ai pas compris, où l’auteur écrit comme ici « Mais qui a écrit ça ? Je ne comprends même pas de quoi ça parle. » (p.174) A croire que l’inconscient des écrivains prend la main sur sa plume ?
« Avant c’était facile de faire irruption dans la salle à poil et de lire Le Capital en me caressant de façon suggestive, enfin c’était facile de captiver l’attention des spectateurs, avec mon corps nubile, en réussissant à dire quelque chose sur ce que ça fait d’avoir ce corps-là, de travailler avec lui. »
Phœbe Hadjimarkos Clarke Le Livre des souterrains Editions du sous-sol - 330 pages -
06:00 Publié dans Français, ROMANS | Tags : phœbe hadjimarkos clarke | Lien permanent | Commentaires (3) |
Facebook |


Commentaires
Écrit par : Ingannmic | 29/10/2026
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Le Bouquineur | 29/10/2026
Écrit par : Ingannmic | 29/10/2026
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire