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27/04/2026

Armonia Somers : La Femme nue

Armonia Somers, Armonía Somers, de son vrai nom Armonía Liropeya Etchepare Locino (1914-1994), est une écrivaine uruguayenne. Née d’un père tailleur anarchiste et d’une mère catholique, elle reçoit une éducation atypique qui nourrit très tôt son indépendance intellectuelle. Elle a longtemps partagé son activité entre l’enseignement et la littérature. Son œuvre contient des éléments d’érotisme, de fantaisie, de violence, dans une approche onirique et surréaliste avec de nombreuses références à la Bible.

Publié en 1950, La Femme nue, son premier roman, qui provoque un scandale par son érotisme et son audace, vient d’être réédité.

Le jour de ses trente ans, Rebeca Linke se décapite symboliquement, remet sa tête sur ses épaules et s’enfuit nue dans la forêt. Un geste radical pour se révolter contre les normes sociales et morales, revendiquer sa quête de liberté. Elle va traverser villages et campagnes, provoquant le désir, la violence, la fascination et le rejet. Sa nudité agissant comme une menace, révèle les peurs, les fantasmes et l’hypocrisie collectives.

Une femme nue qui déboule dans la campagne ou les villages estomaque les quelques hommes qui l’aperçoivent, d’abord ils pensent rêver, leur libido se réveille et leurs épouses à portée de main doivent les soulager, « la greluche nue a envahi le sang de cet individu qui la manipule sans son accord. » Les femmes s’énervent, les jalousies s’exacerbent entre ceux qui l’ont vue et les autres, les ragots circulent, même le curé va en pâtir. Ces tensions amènent à la violence, les villageois tentent des battues pour la retrouver… Le roman dénonce une société qui condamne ce qu’elle désire.  

Critique de la morale et de l’hypocrisie sociale, Somers explore un érotisme transgressif et rompt avec les codes littéraires de son époque en proposant une héroïne qui refuse toute assignation, ce qui explique pourquoi il le bouquin fit scandale. Il est souvent lu comme un texte féministe avant l’heure, subversif et radical.  

J’y vois là un bon roman servi par une écriture poétique et fantastique, masquant la crudité des faits mais qui néanmoins n’a pas réussi à me plaire, justement par ce style qui m’a ennuyé.

 

« L’homme baisa frénétiquement ses seins, enfouissant ensuite son visage dans cette sorte de vallée de la naissance où tout ce qui pouvait être mystérieux devenait limpide et délicieusement accessible. Et ce n’était pas le seul axe de symétrie, l’ultime col montagneux où l’on pouvait pénétrer. Glissant ses deux mains plus bas, osant ensuite explorer le partage géométrique du monde, il était possible de trouver l’autre extrémité de la vie, humide et solitaire, où semblait se nicher l’été qui les dardait de ses flèches. »

 

Armonia Somers, Armonia Somers   La Femme nue   Gallimard L’Imaginaire  - 150 pages - 

Traduit de l’espagnol (Uruguay) par Alexandra Carrasco-Rahal

 

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