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03/05/2026

Revue de presse du mois d’avril

En ouverture de cette revue, Le Figaro du 9 avril avec le roman de Jake Adelstein Code bleu (Marchialy). Roman/enquête qui revient sur la série de meurtres non élucidés survenus en 1992 dans l’hôpital où exerçait le père du romancier qui demanda des statistiques, « les chiffres sont éloquents et tous ces décès, très inhabituels. Alertés, les cadres font néanmoins obstruction. Circulez, il n’y a rien à voir. Quarante-deux ans après, à la demande de son père, notre enquêteur virtuose rouvre le dossier de ces meurtres en série. Vertigineux. »

Dans Le Monde du 17 avril, je note un bouquin susceptible de me plaire, Le Labyrinthe de Maurice Sandoz (Poche Suisse) « l’écrivain bâlois (1892-1958) dote ce roman d’un exceptionnel intérêt, d’une horreur pionnière. » J’ai aussi lu un long entretien avec Patti Smith qui sort son nouveau livre, Le pain des anges (Gallimard), « J’ai toujours été un mouton noir », « En réalité, je ne suis pas musicienne, je n’ai pas étudié la musique, je l’ai toujours aimée, mais je voulais devenir écrivaine. »

Le journal ne pouvait pas non plus faire l’impasse sur « l’affaire Grasset » et le limogeage de son PDG Olivier Nora par Vincent Bolloré, qui voit le départ de 130 de ses auteurs par solidarité. « Il s’agit d’un séisme absolu pour cette maison d’édition qui perd ainsi toute sa valeur en vingt-quatre heures ». « L’accélération de l’offensive de Vincent Bolloré dans l’édition fragilise le groupe Hachette Livre en entier. Après avoir coupé des têtes chez Fayard et Grasset, qui perd désormais tous ses auteurs, quel sera le sort des autres grandes maisons de littérature comme Stock ou Calmann-Lévy ? »

Le 24 avril le quotidien confirme tout le bien que je pense du roman de Thomas Bronnec, L’Infortune du monde (Gallimard) : « Tout le récit se concentre sur quinze jours décisifs où se joue le sort de la France et de l’Europe. »

Dans Le Figaro du 23 avril je note un bouquin en poche de Luc Dagognet, Scarborough (Satellites). « La virtuosité comique de Luc Dagognet, la gravité avec laquelle il envisage l’invisible, la candeur de son héros, notamment avec les femmes, font le charme de cette histoire fantastique qui nous tient en haleine, sans cesser de nous troubler. »

Courrier International n° 1851 propose un bon papier d’un journal suisse consacré à Bolloré, Grasset et Olivier Nora. L’article liste toutes les actions entreprises par Vincent Bolloré dans ses médias (CNews, Europe1, Fayard, les kiosque Relay dans les gares et aéroports) pour promouvoir l’extrême droite. L’avenir est à la morosité ?

La semaine suivante, un très long papier traduit du Mother Jones de San Francisco, consacré au solarpunk. « Tournant le dos aux dystopies dopées par le réchauffement climatique, tout un pan de la littérature de science-fiction s’emploie à décrire un futur révolutionnaire, plus vert et plus technologique. Des idées qui s’infiltrent peu à peu dans le débat public. »

Le magazine LIRE de mai n’a guère allongé ma liste de livres à lire mais j’ai pourtant noté deux très petits bouquins en poche et qui se complètent : Edition de Frantz Olivié (Anamosa/Le mot est faible) « qui décortique les processus de fabrication, de distribution et de commercialisation qui mènent à cette impasse : trop de livres, qui se vendent de moins en moins, et se ressemblent de plus en plus. » Et mieux encore, de mon point de vue, La Littérature d’ameublement de Mathieu Terence (Cerf), « Et si tous les romans vantés dans nos pages n’étaient que de la « littérature d’ameublement », insipide et périssable ? »

Le numéro de mai du magazine Rolling Stone est intéressant. Entretien avec Bernard Minier à l’occasion de la parution de son nouveau roman Ruptures où « l’écrivain effectue une plongée glaçante dans la toute-puissance de l’Amérique de Trump… », confiant « J’ai été publié à 50 ans, sur le tard, ce qui me permet d’avoir du recul et de me rendre compte de la chance qui est la mienne, de vivre de ma plume. Auparavant, j’ai bossé vingt-cinq ans dans l’administration comme petit employé de bureau, avec mes trois heures de transports quotidiennes. La vie réelle je connais. »

Je note deux nouveautés, Small Town Sins (Seuil) de Ken Jaworowski, « trois âmes troublées, chacune à leur manière, cherchent à sortir de la nasse dans laquelle elles se débattent », « un sublime premier roman, aussi lumineux que bouleversant. » Chez Buchet Chastel, Une Ville silencieuse de Samuel W. Gailey, promet un suspense total pour ce « bouleversant roman noir, gorgé d’une profonde humanité. » Enfin, une réédition, Liberté sous condition de Jim Thomson chez Rivages/Noir pour fêter ce bouquin, puisque c’est avec lui que François Guérif inaugura, il y a quarante ans sa collection Rivages/Noir. Une réédition superbement illustrée.

La News Letter de Libération était à Quais du polar et nous informe « Nous avons aussi croisé Olivier Norek qui nous a confié qu'il revenait au polar avec une nouvelle aventure du capitaine Coste prévue pour mai 2027 au moment où sortira sur Netflix une adaptation de son dernier polar Dans les brumes de Capelans (Michel Lafon), tout va bien pour lui. » Avec Les Bûchers de Calcutta, Abir Mukherjee sur les traces de Merle Oberon. L’auteur britannique d’origine indienne renoue avec son célèbre duo d’enquêteurs propulsé dans les milieux du cinéma en Inde. J’en trépigne d’impatience…

J’en termine avec cette information communiquée par Francis Geffard, en mai, Terres d'Amérique (Albin Michel) fête ses trente ans et vous propose un petit récapitulatif de ses publications afin de rattraper votre retard et c’est ICI !