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27/11/2012

Enrique Vila-Matas : Abrégé d’histoire de la littérature portative

Vila Matas Livre.jpgEnrique Vila-Matas est né à Barcelone en 1948. À dix-huit ans, il est embauché comme rédacteur dans une revue de cinéma, Fotogramas, pour laquelle il réalise parfois de fausses interviews. De 1974 à 1976 il vit à Paris et loue une chambre de bonne à Marguerite Duras. Il raconte ses aventures parisiennes trente ans plus tard dans Paris ne finit jamais (2004). De retour dans sa ville natale en 1976, Enrique Vila-Matas se consacre à l'écriture ; il est également chroniqueur pour divers journaux catalans. Le roman, Abrégé d’histoire de la littérature portative, est paru en France en 1990.

Dans un roman complètement foutraque, Enrique Vila-Matas nous entraîne sur les pas des membres de la société secrète des shandys, grands amateurs de littérature portative c’est-à-dire « pour les expressions littéraires brèves » dont l’emblème ou le symbole est La boîte en valise, cette mallette conçue par Marcel Duchamp (précurseur de l’art minimal) qui réunit les pièces de ses différents types de travaux et indique par des jeux de tiroirs et de glissières, une proximité tacite entre chacune d’elles, comme si c’était un tout.

Passé le prologue qui effraie un peu car on craint les références littéraires et artistiques multiples, les clins d’yeux réservés aux lecteurs cultivés, bref un bouquin destiné à l’élite, nous sommes plongés dans un roman totalement fou qui mêle personnages fictifs et réels dans des villes connues ou des lieux inventés (Port-Hâtif). Les situations absurdes ne manquent pas, les tam-tams africains dans les ruelles sombres de Prague, ou bien Aleister Crowley pape du satanisme ondulant des hanches durant la danse du serpent ! Et je ne vous parle pas du rôle du violon masturbateur de Salvador Dali.

Qui sont exactement les shandys ? Au fil des pages, l’écrivain nous révèle les signes qui les caractérisent : une sexualité extrême « copuler par pur plaisir, et ne jamais penser à la descendance et autres fadaises »,  le refus du suicide sauf dans l’écriture, ne pas se prendre au sérieux et mépriser tout ce qui est réputé important, un goût certain pour la littérature brève, l’instinct de collection et le fait qu’ils soient habités par un double qu’ils nomment « odradek ».

Désopilant petit bijou absurde, mise en abîme, un roman court donc très shandy que je vous conseille vivement afin de découvrir ces « sages d’un nouveau genre, au langage cryptique, loufoque et volubile ».

 

« Jeune homme pauvre et médiocre, 21 ans, mains propres, épouserait femme 24 cylindres, érotomane ou parlant annamite, de préférence répondant au nom de O’Keefe. S’adresser à Jacques Rigaut, 73, bd du Montparnasse, Paris. Sans domicile fixe à New York. »

 

 

 

Vila Matas.jpgEnrique Vila-Matas  Abrégé d’histoire de la littérature portative  Christian Bourgois collection Titres

 

 

 

07:05 Publié dans Etrangers | Tags : enrique vila-matas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

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