Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/05/2014

Nic Pizzolatto : Galveston

Pizzolatto Livre.jpgNic Pizzolatto nait en 1975 à La Nouvelle Orléans, en Louisiane, et grandi dans une famille ultra catholique. Passionné par les livres, il entame des études de littérature à la Louisiana State University, avant d'immigrer au Texas. Pendant quatre ans, il est serveur dans un bar d'Austin, avant de sortir diplômé de l'université d'Arkansas. Il enseigne ensuite dans plusieurs universités, et publie ses deux premières nouvelles à l'âge de 25 ans. Ecrivain, scénariste et producteur, il a écrit deux livres, Galveston le premier, est paru en 2011.

En 1987 à La Nouvelle-Orléans. Le même jour, Roy Cady apprend qu'il a un cancer du poumon et Stan, son boss proxénète et dealer, lui confie une mission qui s’avère un traquenard. Sorti vivant de ce piège, il s’enfuit en emmenant avec lui Rocky, petite prostituée, et Tiffany, quatre ans, en direction du golfe du Mexique jusqu'à Galveston au Texas. Un temps les fuyards envisagent un répit dans un motel perdu, mais comment échapper à une bande de tueurs quand on a en sa possession des documents compromettants et beaucoup de sang sur les mains ? Vingt ans plus tard, Roy vivote de petits boulots contre un modeste logement. Son corps porte les stigmates d'un terrible drame et il n'a pour seuls compagnons que sa chienne et ses livres, jusqu’au jour où son propriétaire l’informe qu’un homme est à sa recherche...

Nic Pizzolatto s’en tire plutôt bien avec ce premier roman, assez classique au regard du résumé mais astucieusement construit et rondement mené. Roy, la quarantaine, n’est pas vraiment un gentil garçon, sicaire d’un boss de la drogue, il vit dans la solitude depuis qu’il est séparé de la femme qu’il aimait mais « maintenant, j’avais l’impression qu’être seul n’était plus tout à fait satisfaisant. » Rocky, dix-huit ans, prostituée, chargée de la petite Tiffany et déjà démolie par la vie, partie en cavale entrainée par Roy, porte un lourd passé.

Un roman dur et touchant. Dur, car il y a quelques scènes de violence costaudes et une violence psychologique endurée par Roy et Rocky qui nous les rend sympathiques et auxquels le lecteur s’attache. Touchant, parce que derrière l’aspect gros dur de Roy, « je porte des jeans et des tee-shirts noirs avec un blouson et des santiags, comme je l’ai toujours fait, et j’ai les cheveux longs sur la nuque et je refuse de me raser la barbe », ses maladresses brutales avec les femmes et sa solitude induite, son père qu’il n’a pas connu, son cancer qui le bouffe de l’intérieur, sont autant de failles profondes qu’il a de plus en plus de mal à trimballer ; et Rocky, qui semble ne faire que de mauvais choix pour survivre, n’ayant jamais rien connu d’autre que le caniveau, n’oubliera pas Tiffany avant de s’enfuir. Roy et Rocky, deux solitudes qui ne fusionneront jamais, évoluant en parallèle vers leurs sombres destins, lui la portant comme sa croix, avec au bout une rédemption peut-être.

Un roman bien construit aussi. Deux époques alternent, la cavale et vingt ans après, laissant le lecteur dans l’impatience de savoir ce qui s’est passé entretemps, comment Roy a-t-il pu devenir cette épave physique, que sont devenues les deux filles ? Comme l’écriture est nerveuse et sans digressions, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. Le bouquin s’achève sur une note d’espoir pour l’un des protagonistes, légère éclaircie dans ce ciel couvert de nuages noirs annonçant l’approche de l’ouragan.    

 

« Le cliquètement de mes bottes contre l’asphalte ressemblait à celui d’une aiguille d’horloge. Un chat gris fumée a progressé quelque temps à la même allure que moi sur le trottoir d’en face. Sur un banc d’autobus, un vieux barbu buvait quelque chose qui sortait d’un sac en papier, et il pleurait. Il m’a dit qu’il était heureux. Il était sorti de prison ce jour-là. Quand je suis rentré dans ma chambre, tout était si calme que le tic-tac du réveil semblait avoir un grand écho, et ce petit bruit me disait qu’il était tard, de plus en plus tard, toujours plus tard. Le temps avait passé. J’étais vieux. »

 

 

Pizzolatto.jpgNic Pizzolatto  Galveston  Belfond  - 321 pages –

Traduit de l’américain par Pierre Furlan

 

 

 

 

 

08:05 Publié dans POLARS | Tags : nic pizzolatto | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.