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22/10/2026

Adam Frost : Les Damnés de Los Angeles

Adam Frost, Adam Frost est né en 1978 à Vancouver au Canada. Bien qu'il soit d'origine canadienne, il est souvent qualifié d'écrivain américain en raison de sa longue carrière à Hollywood. Il a commencé sa carrière comme acteur avant de travailler comme scénariste et producteur pour la télévision, notamment pour la série policière Castle. Il vit dans les quartiers Est de Los Angeles. Il ne faut pas le confondre avec l'auteur jeunesse britannique du même nom. Les Damnés de Los Angeles, son premier roman, vient de paraître.

Glendale, une banlieue de Los Angeles, « Ce quadrillage sans saveur de rues plates et d’un soleil implacable en quête d’âme ». Sam Goss, notre héros, est un écrivain raté qui passe ses journées dans un bar minable, le Damned Lovely, tenu et fréquenté par d’anciens policiers, des marginaux et des solitaires. Lorsqu’une jeune femme, Josie, récente cliente du troquet et sur laquelle il avait flashé, est assassinée, Sam se lance dans une enquête personnelle, refusant de croire à la version officielle de la victime d’un serial killer.

Un gentil polar, loin d’être exceptionnel, mais qui par son ton a su me séduire. Une lecture sympathique tout en étant dispensable. Un roman qui s’adresse aux lecteurs sensibles pas très friands du genre, puisqu’ici il n’y a pas de violence (une morte et un petit cassage de gueule) et pas de sexe.

Même l’intrigue est gentillette, dans la façon dont elle est menée, dans le mobile du crime et dans sa résolution, disons seulement que ce n’est que dans les toutes dernières pages que le coupable est connu. Jusque-là vous me direz que ce n’est guère folichon et c’est juste. Par contre, et sans atteindre des sommets, j’ai bien aimé les lieux et les personnages assez nombreux.

Les lieux, c’est le Los Angeles des bas-fonds de la Cité des Anges. Nous sommes loin des palmiers et des villas mais proches de celui des laissés-pour-compte, des bars défraîchis et des rêves brisés. Adam Frost montre une ville où les espoirs se transforment en amertume et en impasses.

Quant aux personnages : Sam Goss c’est l’anti-héros, il a laissé tomber son job dans la pub, son bel appartement et sa copine, réfugié à Glendale où les loyers sont moins chers, il vivote, faisant le taxi pour quelques dollars, habitant un logement en colocation. Son lieu de vie, le bar, où il a une petite pièce lui servant de bureau pour écrire, et le comptoir où il picole avec les habitués, parfois/souvent trop (« Je redressai le dos et constatai que je m’étais pissé dessus. »). Un peu paumé, pas super malin, mais finalement assez touchant, il tombe sous le charme de la nouvelle cliente mais pas de pot, elle se fait buter. Et de se lancer dans une enquête très personnelle, une opportunité pour donner un sens à sa vie et sortir de son propre marasme ?

Le patron, la serveuse et les autres habitués, vieux flics ou cet étrange type rivé sur son ordinateur et ne parlant à personne, sont des très beaux personnages romanesques.

Deux mots quand même du scénario, une association caritative et un groupuscule suprémaciste d’extrême droite, une enquête bâclée par la police, des flics douteux, des fausses pistes pour Sam etc.

Adam Frost ne révolutionne rien, le récit adopte les codes du roman noir américain traditionnel. Mais c’est écrit d’une voix désabusée avec un humour caustique, par le biais de phrases courtes et parfois carrément lapidaires.

Rien de remarquable mais très agréable et comme c’est un premier roman, peut-être à suivre ?

 

« - Je ne lui ai même jamais parlé. Mon visage se craquelle de douleur. Mes yeux qui débordent. Les larmes qui coulent. Je ne lui avais même jamais parlé. Comme si j’avais tout le temps du monde, demain par exemple. Qui était-elle ? Je ne la connaissais même pas. Pense à sa famille. Pense à sa mère. 0 son père. Son frère. Sa sœur. Ses amis. Ses amants. T’as pas le droit de pleurer sa mort. Mais il fallait que j’en sache plus. »

 

Adam Frost, Adam Frost   Les Damnés de Los Angeles   Calmann Levy  - 328 pages –

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Suzy Borello

06:00 Publié dans POLARS | Tags : adam frost | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |