12/02/2026
Maïté Sondermeijer : L’Homme à la tête d’or
Née à Paris en 1983, Maïté Sondermeijer a évolué dans des sphères variées. Mannequin, communicante dans le milieu de l’événementiel, enseignante, avec toujours un fil rouge : l’envie de transmettre et de créer du lien. L’Homme à la tête d’or, son premier ouvrage qui vient de paraître, est un recueil d’une dizaine de nouvelles.
Si vous ouvrez ce recueil, vous allez croiser Valentina, une femme irrésistible qui collectionne les fiançailles pour le plaisir de rompre ensuite ; Rodrigo, un érudit devenu riche et donc soudain courtisé par les plus belles femmes ; Isabelle, qui peut boire autant d’alcool qu’elle veut sans rien ressentir ; Caroline, la petite fille qui voit ses souhaits toujours réalisés ; Williams, doué pour tout mais marginal et sans ambitions particulières…
Tous ces personnages ont un « don » ou une particularité qui les distinguent de la moyenne des gens ordinaires mais sauront-ils tous en profiter pleinement ? Quelle que soit la réponse, n’y-a-t-il pas là matière à une réflexion philosophique sur la vie ?
Vous attendez maintenant que je vous donne mon avis sur ce bouquin, ce qui est bien compréhensible puisque je suis ici pour ça : disons que je suis partagé car il y a du bon et du moins bon.
Ce que j’ai le moins aimé, c’est la construction, comme si l’écrivaine avait utilisé un calque, toutes les nouvelles sont écrites sur le même modèle narratif et dans la même tonalité, ce qui m’a lassé assez rapidement. Cet effet est accentué par l’alternance systématique, un texte avec une femme comme sujet, puis un autre avec un homme etc. une couche de chaque avant de mettre au four. Les nouvelles flirtent assez avec le genre fleur bleue mais pourtant…
Mais pourtant, il y a sous ces atours gentillets ou réservés et forts bien écrits, des pointes discrètes qui m’ont séduit, de l’humour (« D’ailleurs il avait, au cours des années précédentes, vu plus de femmes nues qu’un gynécologue au pic de sa carrière »), de l’ironie (« Quelques jours plus tard, une belle marche blanche fut organisée en son honneur – ce qui, comme chacun sait, est l’action la plus concrète et factuelle pour éviter qu’un tel évènement se réitère »). Et diverses autres légères piques sur la société d’aujourd’hui, sans compter qu’on sent sous la plume de l’auteure une voix divergente sur le féminisme… Le livre s’achève par un épilogue astucieux, sorte de trombone associant les feuillets lus précédemment.
Pour résumer, un livre trop timide à mes yeux pour m’emballer franchement mais qui peut brandir l’excuse facile mais réelle, du premier ouvrage. Osez, osez Maïté !
« Un gentleman digne de ce nom ne saurait laisser une jeune fille se noyer dans la détresse. Diverses organisations féministes cherchent perfidement à vous faire croire le contraire, mais vous connaissez la vérité. De ce fait, Rodrigo n’eut d’autre choix que de s’enquérir des raisons de ce chagrin et de suggérer un café séance tenante. La proposition fut instantanément acceptée et quelques minutes plus tard, deux tasses fumantes furent servies dans le premier troquet venu. « C’est assez incroyable, vous savez, de nos jours, un inconnu qui fait preuve de compassion. – Je pense que beaucoup d’hommes pourraient la ressentir, cette compassion, mais n’osent rien dire de peur d’être confondus avec un opportun. » [L’Homme au cerveau carré]
Maïté Sondermeijer L’Homme à la tête d’or Editions Le Chant des Voyelles – 137 pages -
06:00 Publié dans NOUVELLES | Tags : maïté sondermeijer | Lien permanent | Commentaires (0) |
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