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14/10/2015

Harper Lee : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

harper lee, Nelle Harper Lee, dite Harper Lee, née en 1926 dans l'Alabama où elle réside toujours, est une écrivaine américaine auteure d’un seul roman paru en 1960, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, prix Pulitzer en 1961. Ce livre est un classique de la littérature américaine, étudié à ce titre dans de nombreux collèges et lycées des Etats-Unis. Le roman a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1962 (Du silence et des ombres), réalisée par Robert Mulligan, avec Gregory Peck dans le rôle principal, obtenant trois Oscars et un prix au Festival de Cannes. L’histoire semblait s’arrêter là, mais un nouveau roman vient tout juste de paraître (Va et poste une sentinelle) ce qui m’a donné l’envie de lire ce fameux classique.

Années 1930, pendant la Grande Dépression, dans une petite ville de l’Alabama, au cœur de l’Amérique sudiste et raciste, Atticus Finch, avocat, élève seul depuis qu’il est veuf, ses deux enfants d’une dizaine d’années, Jean Louise dite Scout et Jeremy surnommé Jem. Jem, le fils, est l’aîné, tandis que Scout sa sœur, véritable garçon manqué, est la narratrice de ce roman. L’avocat est commis d'office pour la défense d'un Noir, accusé d'avoir violé une jeune femme blanche.

Quel beau roman ! Comment ai-je pu passer à côté depuis tant d’années ? Le titre peut-être, éveillait en moi un préjugé défavorable, m’alertant contre un bouquin nunuche ; grosse erreur de ma part, je le confesse. J’en sors conquis sans restriction aucune. Tout est magnifique dans ce livre.

La superbe idée de donner la parole à une enfant, n’est pas le moindre atout du bouquin. Ses naïvetés, ses questions sans retenue et ses interrogations permettent à l’écrivain de poser clairement les thèmes de son propos qui ne manque pas de hauteur. La fillette interroge et son père, un homme sage pétri de grandes qualités, enseigne par ses actes ou ses dires, les valeurs majeures d’humanité, de morale et de bonté envers son prochain. Que ce prochain soit un voisin mystérieux autant qu’invisible, reclus dans sa maison, ou bien un homme noir victime de la vindicte populaire prête à le lyncher. Scout et son frère, de manière différente, seront les témoins de situations difficiles – enfants d’un avocat blanc défendant un noir en Alabama – que seul l’amour de leur père et leur belle confiance mutuelle réussiront à maintenir soudés.   

J’ai aussi apprécié l’intensité dramatique équilibrée ; le roman débute par la vie paisible d’enfants dans une petite ville, leurs jeux et chamailleries, tous les personnages sont délicieusement croqués, longtemps après vient le temps du procès avant une accélération imprévue de quelques pages en fin d’ouvrage – tournant presque au polar avec cadavre dans le jardin.

Un excellent roman qui réussit le double exploit : être intemporel – par les messages qu’il véhicule – et s’adresser à tous les publics, à commencer par les plus jeunes qui en tireront un enseignement profitable touchant la justice, l’honnêteté, la rigueur morale, la tolérance… Des valeurs qui ne peuvent qu’être encouragées, aujourd’hui plus qu’hier.

 

« - Une dame ? Après tout ce qu’elle a dit sur toi ? – Mais oui ! Elle voyait le monde à sa façon, bien différente de la mienne, je te l’accorde… Je t’ai déjà dit que si tu n’avais pas perdu ton sang-froid, je t’aurais quand même envoyé lui faire la lecture. Je voulais que tu comprennes quelque chose, que tu voies ce qu’est le vrai courage, au lieu de t’imaginer que c’est un homme avec un fusil dans la main. Le courage, c’est savoir que tu pars battu, mais d’agir quand même sans s’arrêter. Tu gagnes rarement mais cela peut arriver. Mrs Dubose a gagné, de ses quarante-cinq kilos. Ainsi qu’elle l’entendait, elle est morte libre de toute attache. C’était la personne la plus courageuse que j’aie connue. »

 

 

harper lee, Harper Lee  Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur  Editions de Fallois -  346 pages –

Traduit de l’anglais par Isabelle Stoïanov (1989). Traduction revue et actualisée pour cette édition par Isabelle Hausser

 

07:46 Publié dans Etrangers | Tags : harper lee | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | |

Commentaires

Ah mais bien sûr que c'est un incontournable! (j'ai trouvé le début un peu longuet quand même) Il existe un (vieux) film avec plein de bons acteurs (et qui justement coupe un peu ce début...)

Écrit par : keisha | 14/10/2015

Concernant le début, j’ai eu cette même impression mais à la réflexion, elle s’explique par le fait qu’on nous présente le bouquin comme un procès où un Noir est défendu par un Blanc, et le lecteur tarde à voir venir ce fameux procès ! Si nous lisions ce roman sans en connaître le sujet, la question ne se poserait pas et le début serait absolument charmant (ce qu’il est au demeurant). Du moins, est-ce ainsi que je vois les choses…

Écrit par : Le Bouquineur | 14/10/2015

c'est un très beau livre, et complètement différent de la littérature américaine habituelle , j'ai beaucoup aimé la pudeur des sentiments et la sobriété de l'écriture . C'est un livre que je peux lire et relire, en dehors des classiques , il n'y en a pas tant que ça.

Écrit par : luocine | 15/10/2015

Je sors de ce livre sidéré, par sa qualité et sa beauté magistrale bien entendu et parce que je ne le découvre qu’aujourd’hui ! Mais c’est le propre des pépites d’or, il faut longtemps chercher avant de trouver. En tout cas, Noël n’est pas si loin et je prévois de l’offrir autour de moi…

Écrit par : Le Bouquineur | 15/10/2015

j'ai abandonné ce livre il y a quelques années (ça m'étonne encore), il faut absolument que je m'y remette! Joli billet!

Écrit par : Violette | 18/10/2015

Oh ! Que oui Violette ! Vous devez vous y replonger ! Je ne m’emballe que rarement dans mes jugements, mais là nous avons affaire à un classique, pas moins, donc incontournable.

Écrit par : Le Bouquineur | 18/10/2015

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