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05/05/2016

Patti Smith : M Train

patti smith, Patricia Lee Smith dite Patti Smith, née en 1946 à Chicago, est une chanteuse et musicienne de rock, poète, peintre et photographe américaine. Son père, ancien danseur de claquettes, est employé de bureau dans une usine et sa mère, qui a abandonné une carrière de chanteuse de jazz pour élever ses quatre enfants, est serveuse dans un restaurant. A l'adolescence, Patti se détache de l’éducation très religieuse que sa mère, Témoin de Jéhovah, lui a donnée. Entrée à l'Ecole normale pour devenir institutrice, à 18 ans elle est radiée (suite à une grossesse) et doit travailler. Pendant la première partie des années 1970, Patti Smith pratique intensément la peinture, l'écriture, et se produit en tant qu'actrice au sein du groupe de poètes St Mark's Poetry Project. Les petits boulots alimentaires s’enchainent, les rencontres amoureuses on non aussi et de fil en aiguille, elle écrit des paroles de chansons (pour Blue Öyster Cult), des articles pour la presse rock (Creem, Rolling Stone) et finalement sort un premier album coup de tonnerre, Horses, en 1975. 

Avec M Train qui vient de paraître, Patti Smith poursuit dans la veine autobiographique amorcée avec Just Kids mais d’une manière tout à fait différente. Si Just Kids était centré sur sa liaison amicale puis amoureuse avec Robert Mapplethorpe entre 1967 et 1989 (date de son décès), de façon très directe, M Train est plus distancié.

La vérité historique : A la fin des années 1970, Patti Smith rencontre Fred "Sonic" Smith, guitariste du défunt groupe américain MC5, qui partage notamment son amour de la poésie. Ils s'aiment, se marient et ont deux enfants, Jackson (né en 1980) et Jesse Paris (née en 1987). Patti Smith se retire alors presque entièrement du monde de la musique pour élever ses enfants, n'enregistrant en près de quinze ans qu'un seul album, Dream of Life, sorti en 1988. En 1994, la vie paisible de Patti Smith est brutalement interrompue par la mort de son époux, puis de son frère Todd, « La mort brutale de Todd, si peu de temps après la disparition de Fred, m’a été insupportable. »

Si le souvenir des êtres chers et disparus revient régulièrement au cours de ce texte, comme une ombre sombre planant au-dessus de l’auteure, l’écriture transpire la sérénité, une sorte de « zenitude » face à l’adversité, face à la vie que Patti Smith prend comme elle vient pour finalement n’en retenir que les bons côtés ou les instants magiques et heureux, mais il s’en dégage néanmoins un sentiment de solitude assumée.

La vie de Patti Smith s’avère d’une grande simplicité. Faite de petits rituels, petits déjeuners macrobiotiques (pain complet, huile d’olive et café), cafés qui tout du long scandent les journées de l’artiste, cafés-boisson comme cafés-lieux, elle les connait tous, de New York à Vera Cruz. Elle en boit des litres - « Je pouvais boire jusqu’à quatorze tasses sans mettre en péril mon sommeil » - et à mon avis, elle fait bien, car elle a tendance à s’assoupir souvent si je l’ai bien lue. Question fringues, un bonnet et un vieux pardingue avec dans ses poches, son calepin et un appareil photo, autant dire qu’il ne lui faut qu’un baluchon pour partir en voyage. Et dès qu’elle le peut, elle se cale devant un écran pour suivre les séries policières dont elle est très friande. 

Le livre est découpé en chapitres sans chronologie aucune, faits de lieux (voyages à Berlin, Londres, Tokyo, Tanger, Mexico…) et de gens qu’elle rencontre ou d’écrivains  nourrissant son imaginaire (la liste serait trop longue à dresser mais disons que Haruki Murakami est ici important). Le texte marie les souvenirs, conservés précieusement dans ses carnets Moleskine qui ne la quittent jamais et dans lesquels elle note constamment tout ce qui lui passe par la tête, ah ! ces poètes… et des dérives oniriques qui ne manquent pas de charme. « Ce n’est pas si facile d’écrire sur rien » déclare Patti Smith en entame de son ouvrage, on la croit volontiers mais on peut la rassurer, elle s’en tire brillamment.

 

« Nous désirons des choses que nous ne pouvons pas avoir. Nous cherchons à retrouver tel moment, tel son, telle sensation. Je veux entendre la voix de ma mère. Je veux revoir mes enfants quand ils étaient enfants. Petites mains, petits pas rapides. Tout change. Le garçon a grandi, le père est mort, la fille est plus grande que moi, elle pleure après un mauvais rêve. De grâce, restez pour l’éternité, dis-je à ceux que je connais. Ne vous en allez pas. Ne grandissez pas. »

 

 

patti smith, Patti Smith  M Train  Gallimard  - 256 pages –

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard

On notera que le livre est truffé de photos en noir & blanc réalisées par Patti Smith

 

 

Débat-rencontre avec Patti Smith au Théâtre de la Bastille, Paris, 09 Avril 2016, à l’occasion de la sortie de son livre.

Commentaires

quelle voix une sincérité qui ne trompe pas bravo madame

Écrit par : luocine | 05/05/2016

Vous employez le mot juste, « sincérité », il qualifie parfaitement son œuvre aussi bien musicale que littéraire.

Écrit par : Le Bouquineur | 05/05/2016

Les commentaires sont fermés.