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26/04/2019

Doisneau Cavanna : Les Doigts pleins d’encre

François Cavanna, Robert Doisneau  Robert Doisneau (1912-1994) est un photographe français, parmi les plus populaires de l’après-guerre. Il fut, aux côtés de Willy Ronis, d'Edouard Boubat, d'Izis et d'Emile Savitry l'un des principaux représentants du courant de la photographie humaniste française. François Cavanna (1923-2014) est un écrivain, journaliste et dessinateur humoristique français.

Les Doigts pleins d’encre, livre de photos, date de 1989 pour sa première édition.  

Quelle bonne idée que d’avoir associé Doisneau et Cavanna pour réaliser cet ouvrage – en fait, comment pouvait-il en être autrement ? Le thème du livre, l’enfance et plus particulièrement les gamins d’une dizaine d’années, dans les salles de classe ou la cour de récréation, à moins que la cloche de la délivrance ayant sonné, ils ne courent dans les rues et les terrains vagues, se livrant à ces jeux qu’on joue à cet âge. A noter qu’il n’y a que des garçons en classe (écoles non mixtes à l’époque) ou même à l’extérieur… Le photographe sait rendre à merveille, dans ce Noir & Blanc magique, l’innocence des gosses. Leurs yeux comme leurs attitudes exprimant la joie, la perplexité, la concentration, la malice. Pour accompagner ces documents – qui se suffisent à eux-mêmes en vérité – Cavanna a écrit un court texte, quelques notes ou réflexions, toujours teinté d’humour et plein d’empathie. Ces deux-là savent y faire pour raviver nos souvenirs et entretenir notre nostalgie.

A chaque fois que je feuillette ce livre, et très souvent quand je tombe sur une photo de Doisneau, je l’examine avec beaucoup d’attention, persuadé que je vais m’y reconnaitre. Ces clichés d’école, me rappellent mon enfance à Paris au cœur des années 50 : la façon dont les mômes sont vêtus, la salle de classe avec les pupitres en bois et l’encrier en faïence, la cour de récré et nos jeux de billes ou autres etc. Tout cela me parle car tout cela je l’ai vécu. Au choc des photos de l’un, le poids des mots de l’autre font de ce recueil photographique, un quasi album photos de famille. Si je ne me retenais, j’en aurais la larme à l’œil…

La seule critique que je pourrais avancer, c’est l’absence de renseignements concernant les photos. Pas de dates de prise de vue, ni d’indication de lieux, les curieux devront tout comme moi faire leurs propres recherches sur Internet. C’est dommage.

 

« Au premier rang, juste devant l’estrade où il y a le bureau du maître, tous les bons élèves sont là, alignés bien sages. Tous ceux qui lèvent le doigt les premiers pour répondre aux questions. La deuxième rangée de tables, c’est encore les bons, mais déjà pas aussi bons, quand même. Et ça va comme ça de moins en moins bons jusqu’au dernier rang, tout au fond contre le mur, si bien que là-bas c’est rien que les terreurs, ceux qui s’en foutent pas mal de l’école et que même le certif ça leur fait pas peur. Nous on se dit comme ça que c’est pas normal, c’est ces gars-là qui devraient être tout devant, bien sous le nez du maître, à peine ils commenceraient à faire leurs tours de cons, à peine à peine, aussitôt, crac, un grand coup de la grande baguette sur les doigts et hop, au coin. Tandis que là, bien planqués derrière les autres, ils font tranquillement tout ce qu’ils veulent et ce qu’ils veulent c’est rien que des conneries et faire des misères aux petits. »

 

François Cavanna, Robert Doisneau  Doisneau Cavanna   Les Doigts pleins d’encre   Hoëbeke  - 89 pages –

 

 

 

 

 

 

 

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