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24/02/2020

Peter Swanson : Vis-à-vis

Peter SwansonPeter Swanson, né en 1968, est un écrivain américain, auteur de thrillers. Après un premier roman en 2014, Vis-à-vis, le cinquième, vient de paraître et qui plus est, chez Gallmeister. Une première pour cet éditeur spécialisé dans le Nature Writing ou l’Americana, avec ce thriller qui lui ouvre une nouvelle voie. Grand amateur du catalogue de cette maison, je me suis précipité sur cette nouveauté…

Mais là, les mots me manquent tant je suis effondré par tant de nullité !

Hen et son mari Lloyd, viennent d’emménager dans une jolie maison d’une petite ville proche de Boston. Aussitôt ils sont conviés à un dîner de bienvenue par leurs voisins, Mira et Matthew. Visitant leur maison, Hen repère dans le bureau de Matthew un objet lié à un ancien meurtre non résolu qui l’avait obsédée par le passé. Maintenant, Hen sait qui est le tueur. Pire encore, elle comprend très vite que Matthew sait qu’elle sait…

Le pitch de départ n’est pas mal et durant une dizaine de pages, de petits faits mystérieux entretiennent un gentil suspense et bien vite le lecteur est désarçonné par la tactique employée par l’écrivain : dès le début du roman nous savons qui est le criminel, ses victimes et pour ainsi dire son mobile. Ne reste à lire que la gestion du lien entre le tueur (Matthew) et celle qui l’a démasqué (Hen). Autant vous dire qu’il faut être un cador du genre pour vous tenir en haleine durant quatre-cents pages mais manque de chance, Peter Swanson n’en est pas un.

Certains vont vous raconter qu’il s’agit d’un thriller psychologique, certes, mais c’est de la psychologie pour midinettes : Hen est bipolaire et souffre de troubles psychologiques rendant sa parole peu crédible, et le tueur encore plus atteint patauge dans son délire. Bref, on s’ennuie rapidement à moins d’être de ceux qui se passionnent pour les téléfilms policiers de FR3.

Le bouquin pourrait être classé dans la rubrique « bêbête » si elle existait – ce qui ne serait pas vendeur, j’en conviens. Comme en plus l’écrivain rallonge sa sauce à n’en plus finir avec des détails sans intérêt pour l’intrigue, ni même pour la lecture, j’ai accéléré le rythme pour en venir à bout au plus vite. Autre agacement, en lisant ce livre, j’ai retrouvé cette sensation déjà rencontrée chez d’autres écrivains américains (les mauvais) : l’impression que l’auteur s’est servi d’un logiciel fournissant un canevas d’écriture, un squelette de plan, sur lequel il aurait placé sa propre histoire ; logiciel lui indiquant quand il fallait inclure une digression ou bien glisser la phrase qui inquiète….

Je pense que vous m’avez compris, je n’insiste pas plus, ce serait de l’acharnement.  

 

« Elle avait eu le visage d’un témoin, et Matthew ne pouvait se départir de l’impression qu’à ce moment-là, elle avait vu clair en lui. Pas seulement les évènements présents, mais tout ce qui lui était arrivé depuis qu’il avait l’âge de se souvenir. Elle avait vu la monstruosité de son père, la grâce et la fragilité de sa mère. Elle avait vu son frère, Richard, transformé lui-même en monstre. Elle avait vu la porte qui s’était ouverte en Matthew la première fois qu’il avait regardé quelqu’un mourir ; elle avait assisté à son entrée dans un monde en couleur dont il n’avait pas soupçonné l’existence. »

 

Peter SwansonPeter Swanson   Vis-à-vis   Gallmeister – 393 pages –

Traduit de l’américain par Christophe Cuq

07:00 Publié dans THRILLERS | Tags : peter swanson | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | |

Commentaires

Je m'amuse car récemment j'écrivais dans un billet sur de bons vieux Gallmeister
"Disons-le, à une époque j'ai lu systématiquement les Gallmeister, puis je m'en suis éloignée, appréciant moins les parutions un poil bien noires ou moins 'nature'. Pour le dire clairement, j'en ai laissé tomber pas mal, qui abordaient des thèmes trop fréquents actuellement ou sentaient trop l'atelier d'écriture, bref, formatés (OK, c'est juste mon ressenti!)"
Bon, là merci, je sens que je vais passer! ^_^

Écrit par : keisha | 24/02/2020

Répondre à ce commentaire

Chère Keisha, je vois que nous sommes d’accord et comment pourrait-il en être autrement, étant tous deux des lecteurs avertis.
En fait, ce roman met en évidence un problème qui m’exaspère depuis toujours et est à l’origine de la création de mon blog : qu’un écrivain soit mauvais, je l’accepte tous ne peuvent être bons ; qu’il se fasse aider pour écrire son bouquin, soit, les avis extérieurs sont toujours intéressants et même l’aide d’un logiciel d’écriture si elle m’agace, ne me choque pas vraiment si elle est bien utilisée.
Par contre ce qui me met carrément en rage, plus encore que le mutisme de la critique officielle, c’est l’éditeur ! A quoi sert-il ? Publier une telle niaiserie discrédite sa maison et pire, effet corollaire, tous les écrivains de son écurie. On peut publier des romans « moyens » mais mauvais à ce point, je dis non !
Je suis d’autant plus énervé, que j’adore (de moins en moins, c’est vrai) Gallmeister…

Écrit par : Le Bouquineur | 24/02/2020

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