28/05/2026
Charlotte McConaghy : Les Fantômes de Shearwater
Charlotte McConaghy, née en 1988 à Darwin (Australie), est une autrice australienne. Ses romans traitent d'écologie, de nature et de la place des humains parmi les autres êtres vivants. Ils sont traduits dans le monde entier. Diplômée de l'Australian Film Television and Radio School en 2012, elle en sort avec un master d'études cinématographiques avant de se lancer dans l’écriture et un premier roman en 2021, suivi en en 2023 de Je pleure encore la beauté du monde. Son troisième roman, Les Fantômes de Shearwater, vient de paraître.
Au milieu de l’océan Austral, entre l’Australie et l’Antarctique, Shearwater est une île isolée, à l’écart des voies maritimes. Plus grande banque de graines du monde, mais la montée des eaux a forcé les chercheurs à quitter les lieux. Ne restent sur l’île que Dominic Salt et ses trois enfants, Fen adolescente de dix-sept ans, Raff et le cadet, Orly, neuf ans. Gardiens des dernières semences, ils attendent le navire qui viendra dans quelques semaines pour le déménagement final. Un soir, lors d’une terrible tempête, le corps d’une une femme (Rowan) s’échoue mystérieusement sur le rivage. Qui est-elle ? Comment est-elle arrivée là et pourquoi est-elle là ?
Un roman qui débute formidablement bien et reste plutôt bon assez longtemps, jusqu’à que ce que l’écrivaine retombe dans ce qui s’avère être sa marque de fabrique, la guimauve gnangnan. Quel gâchis !
Le bouquin est un thriller écolo familial dont j’ai beaucoup apprécié le début, on comprend vite que les apparences sont trompeuses, un (des) mystère(s) plane(nt) sur les lieux et nous découvrirons petit à petit que les acteurs gèrent des souffrances psychologiques qu’ils n’arrivent pas à évacuer par manque de communication. Dominic le père, se démène pour protéger ses enfants mais s’y prend mal. L’arrivée de Rowan apporte suspicion et méfiance et quand on comprendra son but, la vision que nous avions de la famille se met à tanguer, ces braves gens le sont-ils réellement ? Que cachent-ils, des échanges de regards inquiets… Tout se disloque.
Jusque là tout était parfait dans ce roman, par ailleurs riche en informations pointues sur la faune et la flore. Puis, lentement mais sûrement, le mielleux entre en scène (« Je me sens dégoulinante d’amour »), l’exagération suit de près (cadavres, pathos…), ça devient long et nous voilà embarqués dans un grand n’importe quoi digne de la série Harlequin (qualité supérieure néanmoins).
C’est vraiment dommage car le propos ne manque pas de charme et d’intérêt. Ecologie et changement climatique, avec la montée des eaux, la disparition des espèces, et le dilemme de choisir quelles graines sauver, symbolisant l’urgence écologique et la responsabilité humaine. Il est aussi question de deuil, de mémoire et de culpabilité, chacun tentant de le gérer à sa manière. Le tout sur une île coupée du monde, huis-clos et prison. Les personnages devant faire face à leur solitude, mais aussi à leur capacité à se reconstruire et à s’entraider malgré tout.
« Des suppositions étranges dansent la sarabande dans ma tête concernant l’identité de cette femme et ce qu’elle peut bien fiche ici. Je fais quelques rounds au sac de frappe pour mettre de l’ordre dans mes pensées, réfléchir à ce que sa présence signifie pour nous… maintenant que je sais qu’elle ne mourra probablement pas tout de suite. Il se peut que ça ne signifie pas grand-chose. C’est une autre bouche à nourrir, mais ça devrait aussi être une autre paire de bras pour nous aider. Il se peut que cela signifie des ennuis ; ça dépendra de la nature des mensonges. »
Charlotte McConaghy Les Fantômes de Shearwater Actes Sud - 373 pages -
Traduit de l’anglais (Australie) par Marie Chabin
06:00 Publié dans Etrangers, ROMANS, THRILLERS | Tags : charlotte mcconaghy | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook |


Écrire un commentaire