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06/02/2026

Marie Nizet : Le Capitaine vampire

Marie Nizet, Marie Nizet (1859-1922) est une romancière et poétesse belge. Pour son recueil Pour Axel, sa sensualité et son ardeur quasi mystique, elle est considérée comme l'une des premières poétesses modernes. Son œuvre est présente dans quelques anthologies poétiques. Passionnée par le folklore roumain, elle publie en 1879 Le Capitaine vampire qui vient d’être réédité et dont on suppose une importante influence sur Bram Stoker lors de l’écriture de Dracula, paru en 1897.

Roumanie en 1877 pendant la guerre russo-turque à laquelle la Roumanie participe aux côtés de l’Empire Russe et qui aboutira l’année suivante à son indépendance. Dans la banlieue de Bucarest, Isacesco n’est pas bien riche mais il est fiancé avec Mariora, fille du pope mort, ils s’aiment tendrement et vont bientôt se marier. Les troupes russes sont dans le pays et se conduisent comme des envahisseurs, l’un de leurs officiers, Boris Liatoukine, se trimballe une réputation sinistre en raison de son aura spectrale, de son teint livide et de sa réputation d’être invincible et insensible aux balles. Il sème la terreur sur les champs de bataille, laissant derrière lui des cadavres exsangues et des villages en ruines. Certains murmurent qu’il se nourrit du sang des morts, ce qui lui vaut son surnom de « capitaine vampire ». Liatoukine va manquer de respect au père de Isacesco et sa fiancée et celui-ci se jure de le tuer pour se venger. Envoyé sur le front, le jeune homme doit différer son projet, jusqu’à ce qu’il tombe sur lui par hasard…

Je vais être direct comme d’habitude, l’aura du Dracula de Stoker est trop forte pour que ce roman lui fasse la moindre ombre. D’ailleurs, l’angle du vampirisme n’est ici que suggéré ou laissé au doute du lecteur dans l’épilogue. J’ai donc été déçu.

Le roman est plus centré sur les amours contrariés entre nos deux tourtereaux, la séparation due à la guerre, puis une incompréhension qui va faire penser au jeune homme que sa belle l’a trompé avec le Capitaine vampire, son idée de vengeance contre les deux, après avoir tué l’un il envisagera l’autre, puis pardonnera, l’amour renaîtra mais l’épilogue glacera les deux mignons.

Boris Liatoukine, le capitaine vampire, incarne l’oppression russe en Roumanie, symbolisant l’assujettissement des petits pays par les grandes puissances. Marie Nizet, passionnée par la culture roumaine et nationaliste, utilise ce personnage pour dénoncer l’impérialisme et défendre la lutte pour l’indépendance. Ajoutons que le rôle de la Russie dans ce roman résonne lugubrement pour le lecteur d’aujourd’hui ! En résumé, Le Capitaine vampire est à la fois un roman de guerre, une épopée légèrement fantastique et une réflexion politique sur l’impérialisme et la quête de liberté.

 

« Sa chevelure et sa barbe, d’un noir intense, faisaient ressortir la pâleur livide de son visage allongé dont les lignes correctes et glaciales semblaient moins appartenir à une physionomie humaine qu’à un marbre funéraire. Les soldats l’avaient surnommé le capitaine vampire ; un esprit fort l’eût appelé un parfait gentleman. Les yeux, qui, seuls, vivaient au milieu de ce visage impassible, présentaient une particularité singulière. Le globe de l’œil, chatoyant comme une topaze, avait la pupille fendue verticalement, telle qu’on l’observe chez les animaux de race féline. La puissance de ce regard était telle qu’il n’était donné à personne de le soutenir. »

 

Marie Nizet, Marie Nizet   Le Capitaine vampire   Espace Nord  - 205 pages –

 

Les lecteurs curieux pourront lire ce roman ICI

06:00 Publié dans Etrangers, ROMANS | Tags : marie nizet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |