30/03/2026
Jean Richepin : Les Morts bizarres
Auguste-Jules Richepin, dit Jean Richepin (1849-1926), est un poète, romancier et dramaturge français. Avant de connaître la gloire de poète avec La Chanson des Gueux, Caresses et Blasphèmes, il fut soldat, journaliste, professeur, matelot et docker. Rentré dans le rang après s’être « foutu de tout » comme lui écrira Léon Bloy, il finit à l’Académie Française, bien longtemps après l’écriture des Morts bizarres (1877), du Coin des fous et de Cauchemars, ses trois recueils horrifiques.
Les Morts bizarres, qui vient d’être réédité, est un recueil de treize nouvelles pour amateurs d’humour noir très prononcé. Tous ces textes ont pour règle de s’achever par la mort de son principal protagoniste, des chutes mortelles en somme ! Ecrites au XIXème siècle ces nouvelles en portent les caractéristiques typiques pour le lecteur d’aujourd’hui, une naïveté et des tournures de style datées parfois. Jean Richepin manie humour et férocité avec beaucoup de maestria comme on peut le voir avec ces deux exemples : - la férocité : un bateau qui coule, une mère qui tend son nourrisson à notre « héros » avant d’être engloutie par les flots, il le prend et le rejette à l’eau, ne conservant que le biberon ! – l’humour : « Depuis l’âge de raison jusqu’à seize ans, il avait changé de papa aussi souvent que sa mère avait changé de robe, et elle en mettait quelquefois plusieurs dans la même journée. »
Vous commencez à vous faire une idée du bouquin. Abordons rapidement quelques sujets de nouvelles : Un cambrioleur assassin qui opère nu pour ne pas laisser d’empreintes ; Un homme qui se suicide dans les WC publics ; Un autre qui demande à son ami de le « suicider » ; Un médecin philosophe qui veut comprendre comment fonctionne le cerveau, allant jusqu’à s’auto-disséquer avant de réaliser son erreur de méthodologie. D’autres textes mettent en scène des hommes persuadés d’être plus intelligents que la moyenne qui se livrent à des activités contraire à la morale, ne supportant pas de n’être pas soupçonnés, par un orgueil démesuré ils obligent la justice à les condamner etc…
Deux textes m’ont particulièrement impressionné, durant la guerre contre les Prussiens, un gosse à l’article de la mort et dont les parents ont été tués, réussira à assassiner leur meurtrier ! C’est assez raide [Le Chassepot du petit Jésus]. Pendant cette même guerre, la femme d’un officier abattu par une Prussienne, renonce à se venger et finit par pardonner à celle-ci, alors qu’elle est à sa merci. Très beau. [La Uhlane]
« Un jour dans une fête, il vit un cheval emporté qui trainait une voiture dans le fossé du rempart. Il se jette à la tête du cheval, a le poignet tordu, la jambe cassée, une côte enfoncée, mais réussit à empêcher la chute inévitable. Seulement, l’animal rebrousse chemin et va s’abattre au milieu de la foule, où il écrase un vieillard, deux femmes et trois enfants. Il n’y avait personne dans la voiture. » [Constant Guignard]
Jean Richepin Les Morts bizarres L’Arbre Véhément - 213 pages -
06:00 Publié dans NOUVELLES, XIXe siècle | Tags : jean richepin | Lien permanent | Commentaires (0) |
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