01/02/2026
Revue de presse de janvier
Le Figaro du 15 janvier signale la parution au Seuil de Naissance d’un chef-d’œuvre du cinéma, un roman de Tom Hanks (Oui, l’acteur de cinéma !) qui semble de qualité vu le titre de la chronique « Tom Hanks dans les pas de John Irving » avant de se terminer par le coup de pied de l’âne (?) « Tom Hanks, lui, a du souffle, du rythme, de l’invention à revendre. Son livre est une énorme surprise. Si c’est lui qui l’a vraiment écrit, il mérite, après deux Oscars, un prix Pulitzer. »
La semaine suivante, nouveau et dernier roman pour Julian Barnes, Départ(s) chez Stock. Dernier dans son sens le plus absolu, l’écrivain âgé de 80 ans souffre d’une leucémie « et fait ses adieux à ses lecteurs avec un faux roman plein de malice et de sagesse ». Le Monde du 23 janvier a lui aussi obtenu un entretien avec l’écrivain, comme toute la presse qui se hâte de finaliser sa nécrologie avec les ultimes réflexions du vieil homme.
Il y a aussi une pleine page consacrée à une rencontre avec Lionel Shriver à l’occasion de la parution d’Hystérie collective un roman qui m’a réellement séduit.
Le même journal du 29 janvier consacre une pleine page à Thomas Mann qui « bénéficie d’un regain d’intérêt avec de nouvelles traductions et quelques inédits. Plus que jamais, ce grand écrivain, qui a combattu les totalitarismes est notre « contemporain capital » ». Une excellente critique pour le nouveau bouquin de Dan Winslow, Le Casse ultime (Harper Collins Noir), « Six nouvelles remarquables d’intensité, d’humour et d’humanité composent ce volume, qui place l’auteur plus que jamais au-dessus de la mêlée. »
Dans Le Monde du 9 janvier, un entretien avec David Szalay à propos de son nouveau roman Chair, pour le journaliste « un roman fascinant, à la signification mobile, jamais figée » et pour l’écrivain « le personnage de « Chair » ne s’explique pas au lecteur, et le livre non plus. » Dans son édition du 30 janvier le journal consacre, lui aussi, un long article aux rééditions de Thomas Mann mais ajoute un long papier fort instructif sur le travail de traduction, « Les traducteurs Claire de Oliveira comme Olivier Le Lay jugent que traduire Mann montre de façon éclatante l’inanité du recours à l’intelligence artificielle (IA) pour ce genre d’entreprise », « Il faut s’efforcer de rendre la vérité sonore autant que signifiante, explique la première, le Klang, le timbre de la langue, recréer le spectacle affectif qui passe par les corps sonores. Il m’arrive en traduisant de faire des gestes. Traduire la stylistique de Mann, cela passe par le corps et pas par le cerveau. Voilà qui est impossible pour l’IA. »
Avec LIRE de février, outre un dossier sur les écrivains et la drogue qui m’a rajeuni – entendons-nous, car il y est question de livres que j’ai lus plus jeune, n’est-ce pas… ? – j’ai coché plusieurs bouquins tentants : Un recueil de nouvelles de Russel Banks, American Spirits (Actes Sud) ; de Charlotte McCognaghy, Les Fantômes de Shearwater (Actes Sud), une île de l’océan Austral menacée par la montée des eaux, un corps de femme échoué sur le rivage et « bien qu’elle ne soit pas morte, il y a un truc pas naturel… » ; un roman datant du XIXème siècle, de Jean Richepin, Les morts bizarres (L’Arbuste véhément), un recueil de nouvelles avec humour noir et chutes magistrales ! J’ajoute à ma liste, deux poches, Mâchoires de Monica Ojeda (Folio), une lycéenne séquestrée par sa professeure de littérature et Le Mirage de Thomas Mann (L’Arbuste véhément) qui aborde ici le « crépuscule de la vie et du désir du point de vue féminin » avec « une veuve en proie au retour de la passion ». De possibles de lectures que seul l’avenir confirmera ou pas ?
Il fallait absolument lire le long article de Courrier International n° 1837, « Ils nous viennent du Japon, d’Argentine, des Etats-Unis ou d’Australie. Ecrits en majorité par des femmes, de plus en plus de romans mettent en scène des héroïnes cannibales. » Le papier explore des pistes de réflexion intéressantes, cette multitude de bouquins résulterait de « ce qui est courant dans le monde de l’édition : on trouve ce qui nous plaît, puis on nous en gave jusqu’à l’écœurement. » [Comme ce fut le cas avec le Nature Writing ?] ; ou encore, « Même dans le secteur de la grande littérature, il y a tous ces livres gentils, paisibles. Je pense que la fiction cannibale sert d’antidote à toute cette tendresse. Comme un miroir sinistre. » « Le cannibalisme est le seul tabou assez exubérant – assez obscène – pour refléter notre désagrégation collective. »
Dans son email de bonne année, Francis Geffard nous informe que chez Albin Michel 2026 sera une année particulière pour "Terres d'Amérique" qui fêtera ses trente ans en mai prochain avec une opération intitulée "Il était trente fois l'Amérique" autour de trente auteurs emblématiques. Parmi eux se trouve Donald Ray Pollock, l'auteur du Diable, tout le temps, un roman devenu culte qui reparaîtra en février avec une préface de Marie Vingtras.
Ainsi que Knockemstiff, Ohio qui sera publié au même moment. Paru il y a plus de quinze ans chez Buchet-Chastel, ce livre incroyable n'avait pas rencontré le public qu'il méritait. Il ressortira dans une traduction entièrement révisée et signée par Philippe Garnier, l'une des plumes légendaires du journal Libération.
J’avais lu ce bouquin à l’époque et je vous le conseille fortement, concluant mon billet ainsi : A ceux qui se risqueront dans ce marigot, faites une pause entre chaque nouvelle et ouvrez souvent la fenêtre pour aérer, le bouquin pue la mauvaise haleine, le cul sale, la pisse et le tabac froid. Et pourtant, vous tenez-là un putain de sacré bouquin.
Je termine avec la newsletter de Libération : Un inédit de Iain Levison le 5 mars, Je ne suis pas là pour ça, et un nouveau roman d'Abir Mukherjee, Les Bûchers de Calcutta, le 2 avril. Deux romans d’actualité chez Métailié qui publie le 16 janvier Aller à la Havane, de Leonardo Padura et l'Islande avec Arnaldur Indridason annoncé pour début février, La Fin du voyage. La Série noire, elle, nous promet pour mars, Toute l'infortune du monde de Thomas Bronnec, et Celles qui ne dorment pas, de Dolores Redondo. Notons également qu’après le succès de son dernier roman, Les Guerriers de l'hiver, Olivier Norek a été décoré le 22 janvier à l'ambassade de Finlande de la croix de Chevalier de l'ordre du Lion de Finlande. Comme quoi, le polar mène à tout !
Sans oublier de signaler que Boualem Sansal vient d’être élu à l’Académie française…

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