29/06/2026
Simon Liberati : New York City Inferno
Simon Liberati, né en 1960 à Paris, fils de l'écrivain et poète André Liberati, membre du mouvement surréaliste, et d'Anne Lazare, ancienne danseuse des Folies Bergère, est un journaliste et écrivain français. New York City Inferno, qui vient de paraître, est le troisième volet de la trilogie Les Démons, après Les Démons (2020) et La Hyène du Capitole (2024). On y retrouve Alexis et Taïné Tcherepakine pour un dernier voyage au cœur des années 1970, entre Paris et Manhattan.
Je ne vais pas me fatiguer à écrire mon propre résumé du roman, la quatrième de couverture de l’ouvrage vous en donne largement assez pour comprendre dans quel univers vous vous engagerez si vous décidez de lire ce livre : « New York, 1975. Truman Capote renonce à écrire son chef d’œuvre et commence à s’autodétruire, tandis que Jackie Onassis et sa petite sœur Lee paradent dans la Cadillac verte d’Andy Warhol. Depuis sa chambre du Chelsea Hotel, Taïné Tcherepakine, androgyne toxicomane, vendeuse de disques et de pastilles aphrodisiaques, assiste à la faillite d’une génération d’artistes épuisée par les excès du spectacle, des drogues et du sexe. Non loin de là, du côté des punks du Lower East Side, il y a pourtant quelque chose dans l’air. Robert Mapplethorpe, influencé par le talent sauvage de Taïné, entame une œuvre noire et brillante. Quant à Alexis, le dernier de la fratrie Tcherepakine, une vie vagabonde auprès de son nouvel amant le rapproche enfin de ses rêves littéraires. »
Même s’il y a de bonnes choses dans ce bouquin, globalement je m’y suis ennuyé. Tout d’abord par ma propre faute, je pensais que me replonger dans ces années exubérantes et artistiquement riches en évènements ranimerait l’enthousiasme de ma jeunesse, il n’en a rien été, je n’y ai vu que rabâchage ou déjà lu, mais pire encore à mes yeux d’aujourd’hui, ces excès m’ont paru ridicules et voués à l’échec, ce qu’ils ont été finalement. L’autre point que je n'ai pas aimé, trop souvent à lire ce texte, j’avais l’impression d’être à un cocktail et de déambuler entre des groupes de gens parlant de choses et d’autres qui à mes oreilles créait un brouhaha souvent incompréhensible (« Il y avait un effet d’accumulation comme si tout New York s’était retrouvé le même jour au même endroit ») …
Le roman comme vous l’avez compris va nous entrainer des appartements somptueux aux bouges les plus crapoteux par les chemins communs de la drogue et du sexe qui unissent aussi bien les personnes huppées du Who’s Who que les traine-savates du Bowery (« La sexualité, la drogue et la violence étaient les seules formes de contact social, aussi bien sur les trottoirs du Bowery que dans les palais de Park Avenue »). Dans cet enfer de Dante émergent néanmoins parfois de très belles pages, on disserte intelligemment de Proust puis on enchaine avec le langage le plus cru pour des scènes de sexe, Louis Aragon (« un beau vieillard charmant et fantaisiste et qui appréciait comme son amie Nancy Cunard, la compagnie des gens de couleurs ») est dans le coin et maints autres.
Le verdict final est brutal, « l’hiver 1980 fut un hiver froid. En France comme à New York, les températures descendirent bien en dessous de zéro. Les grandes années joyeuses, qui avaient commencé au milieu des années 1960, s’achevèrent sous un manteau de glace. » Un roman sur la fin d’un monde, celui des artistes des années 1970, rongés par leurs propres excès.
Un roman avec des qualités mais tout autant de défauts.
« Que dire alors de New York en 1974 ? La dégringolade entamée très jeune par Alexis Tcherepakine l’avait enfin mené, toboggan après toboggan, dans le grand bassin où il allait s’ébattre pendant près de dix ans au sein d’un extraordinaire bal des maudits quand la musique rock ou disco, le poppers, la bière, les urines, la viande châtiée et le cuir noir se mélangeaient comme dans la marmite géante d’un tableau de Jérôme Bosch. »
Simon Liberati New York City Inferno Stock - 316 pages -
“Ce soir-là, Joe voulait mettre au point sa reprise d’une vieille chanson de Ricky Nelson intitulée « Lonesome Town ». Un slow sirupeux que Joe transformait en une marche funèbre jouée au ralenti comme si on passait un vieux 45 tours à la mauvaise vitesse. »
06:00 Publié dans Français, ROMANS | Tags : simon liberati | Lien permanent | Commentaires (0) |
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