18/06/2026
Samuel W. Gailey : Une Ville silencieuse
Samuel W. Gailey est un écrivain, producteur et scénariste qui a grandi au nord-est de la Pennsylvanie Il a conçu des séries télévisées, entre autres pour la Fox et le Showtime, avant d’entamer sa carrière de romancier. Il vit dans le Nord-Ouest Pacifique avec sa fille et sa femme, Ayn Carrilo-Gailey, également écrivain. Une Ville silencieuse, son troisième roman, vient de paraître.
Une petite ville de Pennsylvanie deux semaines avant le Vendredi saint en 1988. Le pasteur Cap héberge dans son presbytère une jeune femme, Tess, qui vient d’avoir eu un accident de voiture. Sourde et muette, la jeune femme inconnue dans la région, intrigue et fait jaser dans le bled (« Un pasteur et une femme célibataire – une inconnue – qui vivaient sous le même toit… »). Très vite on comprend qu’elle fuit un homme et qu’elle a un revolver dans son sac à main.
Un roman d’une grande banalité dont j’ai beaucoup de mal à comprendre l’intérêt qu’il suscite chez les critiques professionnels ?
La construction du roman, sans être vraiment originale, tient mollement en haleine le lecteur. Le bouquin débute par la fin, un cadavre devant la porte de l’église de Cap, puis un flash-back, quatorze jours avant. Le récit est découpé en courts chapitres qui donnent la parole aux différents acteurs, Cap un pasteur aux prises avec sa foi et Tess, plusieurs couples, Wade gérant du supermarché et chaud lapin au grand dam de son épouse Maggie, elle-même sœur de Robin mariée avec Chuck époux violent et chômeur professionnel etc.
Un roman où il sera question de culpabilité, les personnages portent tous un poids moral, psychologique, conjugal, dont je ne dirai pas plus car il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent dans ce bouquin. Ces culpabilités conduisent à des non-dits et des secrets et c’est dans la rédemption que certains trouveront peut-être une échappatoire, dans ce roman noir rural qui dissèque les failles humaines.
Le critique d’un magazine qualifie ce bouquin de Samuel W. Gailey comme « son meilleur livre ». Hé ben… j’ai échappé au pire ? Pour en terminer sur une note moins négative, disons que c’est un roman pour ceux qui ne lisent pas beaucoup…
« Elle se mit à circuler sans but d’une pièce à l’autre, désœuvrée. Elle n’avait pas sa place dans cette maison, ni dans cette ville, mais elle n’avait nulle part où aller, personne vers qui se tourner. Elle ne pouvait pas rentrer chez elle. Pas maintenant. Sans doute jamais. Elle ne supportait pas l’idée de voir sa mère car elle savait pertinemment que celle-ci découvrirait la vérité. Tess serait incapable de la lui cacher. Et quand sa mère apprendrait ce qu’elle avait fait, elle serait anéantie. »
Samuel W. Gailey Une Ville silencieuse Buchet Chastel - 410 pages -
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laura Derajinski
06:00 Publié dans Etrangers, ROMANS | Tags : samuel w. gailey | Lien permanent | Commentaires (0) |
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