02/07/2026
Vivant Denon : Point de lendemain
Dominique Vivant, baron Denon, dit Vivant Denon (1747-1825), est un graveur, écrivain, diplomate et administrateur français, né dans la petite noblesse, son père étant écuyer. Il fait partie de l'équipe de savants qui accompagna Bonaparte lors de l'expédition d'Egypte en 1798. Point de lendemain est une nouvelle parue une première fois, anonymement, en 1777, puis en une autre version remaniée, en 1812. L'attribution définitive à son auteur fut tardive et n'arriva qu'à titre posthume.
Le narrateur est un jeune homme de vingt ans, encore peu au fait des subtilités de la vie aristocratique. Manipulé par la comtesse de T.., bien plus habituée que lui aux jeux du libertinage et obtenir des hommes ce qu’elle désire, à l’issue d’une nuit très agréable avec celle-ci, il découvre qu'il n'était qu'un leurre, qu'il n'a été invité chez M. de T.. que pour faire croire qu'il était l'amant de sa femme. Le marquis, réel amant de Mme de T.. le remercie donc de son dévouement car désormais il va pouvoir être bien reçu chez le mari de son amante.
La perfidie de Mme de T.. est du grand art, personne ne perd la face et aucun des trois hommes n'est humilié. Le mari est heureux de persifler le faux amant, le marquis se satisfait d'être si bien reçu chez le mari de sa maîtresse, et le jeune narrateur, est enchanté de sa nuit avec la donzelle. Cette dernière reste la grande gagnante de cette nuit olé-olé, en plus d'une nuit d'amour avec un jeune homme, elle est certaine que le narrateur ne dévoilera à personne l’infidélité faite au marquis, puisque le narrateur est lui-même coupable d'infidélité à l'égard de sa propre maîtresse !
Un texte d’une grande élégance sur les passions, la duplicité féminine et la critique des mœurs aristocratiques. Absolument délicieux.
« Nous frémîmes en entrant. C’était un sanctuaire, et c’était celui de l’Amour. Il s’empara de nous ; nos genoux fléchirent ; nos bras défaillants s’enlacèrent, et ne pouvant nous soutenir, nous allâmes tomber sur un canapé qui occupait une partie du temple. La lune se couchait, et le dernier de ses rayons emporta bientôt le voile d’une pudeur qui, je crois, devenait importune. Tout se confondit dans les ténèbres. La main qui voulait me repousser sentait battre mon cœur. On voulait me fuir, on retombait plus attendrie. Nos âmes se rencontraient, se multipliaient ; il en naissait une de chacun de nos baisers. »
Vivant Denon Point de lendemain Folio - 96 pages -
06:00 Publié dans NOUVELLES, XVIIIe siècle | Tags : vivant denon | Lien permanent | Commentaires (0) |
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