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01/08/2017

Thomas Fecchio : Je suis innocent

thomas fecchioNé à la fin des années 1970 à Château-Thierry, Thomas Fecchio débute des études de sciences puis bifurque vers le cinéma. Il intègre la Femis où il produit plusieurs courts métrages. Désormais associé dans une société de production de documentaires, il collabore à l’écriture de plusieurs projets actuellement en cours. Outre l’écriture de scénarios, il vient de se lancer dans celle de son premier roman, Je suis innocent, qui vient de paraître.  

Un cadavre de jeune fille victime d’un crime sexuel, un suspect tout trouvé avec Jean Boyer, récidiviste ayant purgé trente ans de prison et logeant non loin du lieu du crime. Pour tout le monde l’affaire est simple et entendue, sauf pour le jeune capitaine Germain qui va mener l’enquête contre l’avis défavorable de sa hiérarchie et en dépit des moqueries de ses collègues. De son côté, Boyer se voyant pris dans un piège inextricable, s’évade et va tenter de retrouver le vrai tueur, seul contre tous…

Le bouquin commence plutôt bien et je me préparais à déguster un gentil vin de pays mais après cent-cinquante pages le breuvage est devenu cocktail amer. Cocktail, sous-entend mélange et amer pour dire que je n’ai pas aimé, sans être trop dur.

Cocktail ou mélange donc, car il y a du bon (quand même) en petite quantité et du moins bon (ou pire encore) en grosses louches. Le défaut majeur, c’est celui qu’on retrouve dans tous les premiers romans (sauf quand l’écrivain sort du lot immédiatement) : beaucoup trop de détails sans intérêt, des redites ou des répétitions ; tailler, couper, alléger le texte, jeunes écrivains relisez ce qu’en disent vos ainés plus capés… Autre point faible, la psychologie des personnages – et hélas, c’est le fond de ce roman – bien trop balourde dans son exposé. Personnages par ailleurs assez fades ou très quelconques, Germain et Boyer n’intéressent pas vraiment le lecteur. J’ai noté aussi des détails agaçants car répétés, comme ce Boyer qui a toujours « l’eau à la bouche » quand il va faire quelque chose. Et puis il y a ces scènes carrément ridicules car improbables (comme le viol de la mère, dans la situation décrite), ou cette grandiloquence déplacée au regard de l’intrigue (« C’était exactement ce qu’Il cherchait. Lui. Le Maître du jeu. »). Quant au final, l’explication n’en finit plus et c’est d’un lourdingue… Comme de plus, le polar ne s’appuie pas sur un fond social, politique ou autre, il manque d’épaisseur où il en faudrait.

Maintenant, souvenez-vous, j’ai dit qu’il y avait du bon aussi. Le problème, c’est que je ne sais pas comment l’exprimer ! Je reconnais néanmoins que j’ai « ressenti », uniquement durant les cent-cinquante premières pages, quelque chose de positif : une écriture pas désagréable mais qui demande à mûrir ? Un écrivain en devenir qui a encore toutes ses chances ?  

Je suis innocent nous dit Thomas Fecchio. Sans preuves formelles pour le condamner et sachant qu’un léger doute s’est instillé dans mon esprit, je demande la relaxe pour cette fois.

 

 « Germain quitta le technicien pour retourner s’enfermer dans son bureau. Il s’alluma une cigarette et reprit la première photo. Elle montrait le sac posé sur le tas de branches à côté du chêne au fond du jardin de Boyer. Un endroit qu’il avait inspecté après l’arrestation de ce dernier juste avant d’être interrompu par sa logeuse. Il tira à fond sur sa clope. Ce sac n’aurait pas pu lui échapper. En aucune façon. Alors comment était-il arrivé là ? Sa montre indiquait 18 heures, il était sur le pont depuis trois heures ce matin. Son cerveau était à la ramasse et ne lui suggérait aucune solution. Pas la peine de continuer, il réglerait la question plus tard. »

 

 

thomas fecchioThomas Fecchio  Je suis innocent  Ravet-Anceau  - 301 pages –

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