13/07/2026
Callan Wink : Les Braconniers
Né dans le Michigan en 1984, Callan Wink vit aujourd’hui à Livingston, dans le Montana, où il est guide de pêche à la mouche. Il a fait sensation en 2011 en étant le plus jeune auteur à publier une nouvelle dans le New Yorker et son premier livre, Courir au clair de lune avec un chien volé, un recueil de nouvelles (2017), était assez prometteur pour que je lise le suivant, un roman, August (2022). Les Braconniers, son nouveau roman vient de paraître.
Dans le Montana, près du parc de Yellowstone. Thad et Hazen, deux frères de moins de trente ans, vivent dans la maison familiale délabrée, à l’écart du monde, écrasés par les dettes d’hôpital laissées par leur père décédé. Thad, l’ainé et le plus raisonnable, gère leurs vies, tandis que Hazen, du genre simplet et tête de piaf, se laisse porter par les évènements. Pour survivre, ils braconnent, chassant les ours pour récupérer leur vésicule biliaire qui se vend à prix d’or, pour le compte de l’Ecossais, un type peu fréquentable qui se balade en kilt et qu’on soupçonne de meurtre, toujours accompagné de ce qui serait sa fille. Acculés par les dettes, ils finissent par accepter un job plus lucratif mais aussi plus risqué…
Un roman qui se lit très agréablement et très vite, mais paradoxalement très décevant aussi !
Les deux tiers du roman sont très bien, la vie rurale des deux frères, le caractère opposé des deux hommes mais l’amour qui les lie et la bienveillance de l’aîné pour le cadet, les souvenirs du père qui les a élevés dans le respect du travail et des lois après que leur mère soit partie on ne sait où… Un texte de facture très classique donc, avec la même remarque que celle que j’avais faite pour le premier roman de l’écrivain, il ne se passe pas grand-chose mais si alors le résultat final était très réussi, ici ce n’est pas le cas.
Je ne vais pas vous dévoiler les nouveaux éléments entrant dans l’intrigue pour ne rien vous gâcher, mais ce qui cloche dans ce roman - me semble-t-il -, c’est l’assemblage très moyen entre ceux-ci : le retour imprévue de la mère, une sorte de hippie vivant dans un van, la fille de l’Ecossais personnage plus que flou, le sort final de cet homme vite bâclé etc.
On voit bien quels sont les thèmes que l’écrivain a voulu aborder, la fraternité complexe entre Thad et Hazen, les conditions de vie difficiles dans la précarité de l’Amérique rurale qui peuvent pousser à enfreindre la loi (braconnage) et contrevenir aux règles morales enseignées par les parents.
Mais tout cela ne m’a pas paru très original, un peu bancal, et seule l’écriture très fluide de Callan Wink sauve le roman.
« « Tu te souviens que pendant la maladie de papa, on avait toujours de l’électricité ? Tu te souviens qu’il y avait de quoi manger dans le frigo ? Tout ça c’était grâce à moi. » Thad parlait doucement, la bouche près de l’oreille de son frère. Il lui souleva la tête par les cheveux et la laissa retomber violemment. « La moitié du temps, t’as aucune idée de ce qui se passe autour de toi. Tu te contentes de mener ta petite vie, et nous, on doit assurer le quotidien. Je t’ai tiré d’emmerdes dont t’étais même pas au courant. Je fais ça depuis toujours, et si là on réussit pas notre coup, on risque de perdre la maison. Tu piges ? »
Callan Wink Les Braconniers Albin Michel - 274 pages -
Traduit de l’américain par Michel Lederer
06:00 Publié dans Etrangers, ROMANS | Tags : callan wink | Lien permanent | Commentaires (0) |
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