06/07/2026
Emile Zola : Grand éloge du vélo
Emile François Zola (1840-1902) écrivain et journaliste, est considéré comme le chef de file du naturalisme. C’est l'un des romanciers français les plus populaires, l'un des plus publiés, traduits et commentés au monde. Sur le plan littéraire, il est principalement connu pour Les Rougon-Macquart, fresque romanesque en vingt volumes dépeignant la société française sous le Second Empire et qui met en scène la trajectoire de la famille Rougon-Macquart à travers ses différentes générations. Les dernières années de sa vie sont marquées par son engagement dans l'affaire Dreyfus avec la publication en janvier 1898, dans le quotidien L'Aurore, de l'article intitulé « J’Accuse… ! » qui lui a valu un procès pour diffamation et un exil à Londres.
Grand éloge du vélo qui vient d’être réédité en collection de poche, est une compilation de textes de différentes sources traitant du vélo et de la passion de l’écrivain pour la petite reine. A l’heure où le Tour de France sillonne le pays, une lecture qui s’imposait ? A cette question rhétorique je répondrai néanmoins : non ! Pourquoi, parce que principalement il n’y a que très peu de Zola dans ce bouquin. Certes, notre Emile est au centre de l’affaire mais ce sont surtout les autres qui en parlent.
Zola a découvert le vélo en 1893, à la fin du XIXe siècle, une époque où cette invention révolutionnait la société. Malgré son physique peu athlétique (« Il me semble doucement enclin à une aimable prépotence, sinon une certaine ventripotence. Entre nous, il construit par devant… » Selon un article d’un journaliste peu flatteur !) et ses problèmes de santé, il s’est pris de passion pour le cyclisme, devenant un adepte convaincu et un ambassadeur de cette pratique, envisageant même d’écrire « un roman cycliste », mais son décès prématuré ne lui en laissera pas le temps.
Pour Zola, le vélo symbolisait la modernité, la liberté, et même une forme d’émancipation, notamment pour les femmes. Il y voyait aussi un moyen de s’évader, de se ressourcer, et de rompre avec la sédentarité de sa vie d’écrivain. Ses écrits dans la presse et ses prises de position montrent que le vélo était pour lui bien plus qu’un simple loisir, c’était un symbole de progrès social, technologique et individuel, dans une France en pleine mutation industrielle et sociale.
Articles de journaux écrits par des journalistes ou par l’auteur lui-même, correspondances, sont la matière du bouquin. Le meilleur étant dans la préface d’Antoine de Baecque, qui résume parfaitement le contenu du livre et met bien en perspective les divers intérêts que Zola trouvait à sa bicyclette, un moyen pratique et discret d’aller de Médan, où il habite, à Verneuil, où il a établi sa maîtresse, Jeanne Rozerot, et leurs deux enfants !
« Cher Monsieur, Je suis un vélocipédiste bien médiocre et qui exerce à peine. Mais enfin je désire vous être agréable et serai fort honoré de faire partie de votre Association, puisque vous voulez bien m’offrir le titre de Membre d’Honneur. Je crois au très grand succès de la vélocipédie, je le dis partout. Vos membres adhérents vont pulluler comme les grains de sable au bord de mer. Et me voici tout fier d’entrer dans une si grande famille. Veuillez remercier le Conseil d’Administration et me croire, cher Monsieur, votre bien cordial et bien dévoué. Emile Zola. » [Correspondance. Médan, 20 juillet 1893]
Emile Zola Grand éloge du vélo Payot - 203 pages –
Edition établie et présenté par Antoine de Baecque
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