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28/06/2026

Verbatim

« Le métier d’écrivain était sacré, et l’homme qui avait tourné de si belles phrases sur les malheurs d’un vaurien méritait un respect infini. Il se contenta de prier le Seigneur Tout-Puissant qu’un jour Capote franchisse la porte de son bar, et qu’il puisse respectueusement lui faire état de son admiration. »

« La maison de Palm Springs, thébaïde vouée à l’écriture, choisie contre l’avis de son ex-amant Jack et de tout le monde, était devenue, bien plus que les salons, les bars et les yachts, le tombeau littéraire de Truman Capote. C’est ici que, depuis deux ans, loin d’écrire Paludes, il n’écrivait pas Prières exaucées. »

« Le sens général de sa vie qui jusque-là n’existait plus, Truman étant déboussolé, la boussole d’un écrivain c’est son livre et il avait perdu la sienne, ne travaillant plus, bloqué par la relecture de ses anciens succès qu’il trouvait tous mauvais, incapable d’imaginer comment croire de nouveau en quoi que ce soit, poussé par les éditeurs inquiets et l’argent des à-valoir (mais l’argent n’était rien), le sens général de sa vie bascula, enfin, vers le gouffre. »

« L’idée déjà banale à la fin des années 1960 qu’elle avait entendue énoncer par plusieurs écrivains comme Morand, Chardonne ou Jünger, que la littérature avait entamé son déclin par la faute de la télévision, des voyages, des loisirs… Que ce déclin était irréversible, une idée qui n’était jusqu’ici pour elle qu’un sujet de conversation de vieux messieurs, devenait cette nuit soudain concrète. »

Simon Liberati   New York City Inferno

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